Prêté par Troyes jusqu’à la fin de la saison, Mathieu Duhamel a effectué son premier entraînement avec le FC Metz hier après-midi. L’occasion pour le jeune attaquant de démontrer toute sa détermination.
En posant ses valises en Moselle, Mathieu Duhamel espère retrouver le plaisir de jouer au football. Et « être l’un des acteurs principaux » du maintien du FC Metz. Photo Pascal BROCARD
Un sourire. Immense. Celui d’un homme épanoui. Celui d’un footballeur appelé à renaître sous les couleurs messines. Mathieu Duhamel n’a pas manqué son rendez-vous avec 2011. Heureux papa d’une petite fille depuis le 1 er janvier, l’attaquant de vingt-six ans, prêté par Troyes, a effectué, hier, ses premiers pas au milieu de ses nouveaux coéquipiers. Rencontre avec un joueur bien décidé à rebondir sur les bords de la Moselle.
• Le 1 er janvier 2011 restera une date importante dans votre vie. Elle correspond à l’officialisation de votre prêt au FC Metz et à la naissance de votre premier enfant. Heureux ?
« C’est effectivement une année qui commence très bien. Je suis une personne qui fonctionne beaucoup à l’affectif. En clair, si je suis bien dans ma vie privée, professionnellement je le suis aussi. Et la naissance de ma fille est sans aucun doute la chose la plus extraordinaire qui me soit arrivée jusqu’ici. C’est inexplicable… »
• Donc prêt à tirer un trait sur les six derniers mois ?
« Oui. J’avais signé à Troyes pour franchir un pallier supplémentaire. Malheureusement, j’ai très vite compris que mon profil ne correspondait pas au coach ( Jean-Marc Furlan). Un départ est donc devenu une évidence. Je veux démontrer que j’ai largement le niveau pour évoluer en Ligue 2. Prouver aussi qu’il n’est pas nécessaire d’avoir 150 matches de L2 inscrits sur son CV pour évoluer à ce niveau… »
• On vous sent un brin revanchard…
« Clairement ! Je suis un vrai compétiteur et j’estime qu’à Troyes on ne m’a pas donné ma chance. Aujourd’hui je suis plus motivé que jamais. Et j’ai désormais six mois pour prouver que cette motivation n’est pas qu’une vue de l’esprit. »
« Pas maladroit devant le but »
• Même au sein d’un club qui lutte pour son maintien en Ligue 2 ?
« Bien entendu. Tout d’abord parce que j’aime le FC Metz. C’est un club que j’ai toujours suivi. Ensuite parce que les dirigeants ont manifesté une réelle envie de m’inscrire dans le projet qui est désormais le leur : maintenir à tout prix le club en Ligue 2. Et je veux être l’un des acteurs principaux de ce scénario. La place de Metz n’est certainement pas en National ! Le public messin ne mérite pas ça. Avec son soutien, on fera tout pour que cela n’arrive pas. »
• Que pensez-vous apporter à votre nouveau club ?
« Je suis un battant qui aime harceler les défenses adverses. Je me dépense énormément sur un terrain et on me définit souvent comme un gaucher puissant et assez rapide. »
• Un buteur aussi ?
« J’ai le sentiment de ne pas être maladroit devant le but, même s’il est vrai que ces derniers temps je n’ai pas vraiment eu l’occasion de le démontrer. J’aime la profondeur, or, à Troyes, on voulait que je joue dans les pieds. Ce n’est pas mon style. Les dirigeants messins, Dominique Bijotat en tête, le savent. C’est pour cette raison qu’ils m’ont contacté. »
• Vous avez aussi la réputation d’un garçon au caractère bien trempé. Vous confirmez ?
« Oui. J’irais même plus loin : c’est ce qui m’a permis d’arriver là où je suis aujourd’hui. J’ai un parcours atypique au cours duquel j’ai reçu quelques claques. C’est dans ces moments-là qu’un homme doit s’affirmer. Et c’est le cas aujourd’hui. »
• Dès que votre venue à Metz a été actée, fin décembre, vous avez manifesté le besoin de trouver un appartement. L’avez-vous trouvé ?
« Oui. C’était important pour moi, d’autant que je suis désormais papa. Je voulais attaquer cette deuxième partie de saison sous les couleurs de Metz l’esprit libre. C’est chose faite. Je suis prêt. A marquer des buts et à faire marquer. »
• En juin prochain il vous restera deux ans de contrat avec Troyes…
« ( Il coupe) En juin, si tout se passe bien, je serai encore messin… »
J.-S. GALLOIS.
Publié le 04/01/2011
Bijotat : « Il ne lâche rien »
Pour Dominique Bijotat, Mathieu Duhamel n’est pas un inconnu. Certes, l’entraîneur messin ne l’a jamais dirigé, mais de son propre aveu il « suit » le joueur « depuis deux ans. » Suffisant pour valider son arrivée sur les bords de la Moselle. « Il a réalisé deux belles saisons en National sous les couleurs de Laval et Créteil, rappelle le technicien mosellan. A mes yeux, c’est un attaquant qui possède toutes les qualités pour s’imposer à son poste en Ligue 2. »
Un potentiel que Mathieu Duhamel, vingt-six ans, n’est pas parvenu à développer à Troyes qui a donc décidé de le prêter au FC Metz jusqu’à la fin de saison. « C’est vrai qu’il était un peu moins sollicité ces derniers mois, reconnaît Dominique Bijotat. Du coup, sans parler de revanche, je pense qu’il veut prouver de quoi il est capable et qu’il possède bel et bien le niveau pour devenir un vrai buteur de Ligue 2. »
Marquer des buts. Un concept malheureusement très abstrait au sein de la maison messine depuis l’ouverture du championnat 2010-2011. Mathieu Duhamel serait-il le messi ? « Ce que je sais, c’est que c’est un garçon qui ne lâche rien, qui aime répéter les appels dans la profondeur. Si on utilise ses qualités comme il le faut, c’est indéniablement le type de joueur qui doit nous aider à être plus prolifique devant le but. De plus, il possède un état d’esprit irréprochable et une hargne, qui, dans notre situation, seront importants. Enfin, il est gaucher, une caractéristique qui ne sera pas trop au sein de notre effectif. »
J.-S. G.
fc metz express
Tableau de bord. Hier : deux séances d’entraînement. Aujourd’hui : deux séances à 9h30 et 15h. Demain : une séance à 9h30.
D’un match à l’autre. Dernier match : Nîmes - Metz (19 e journée de Ligue 2), mardi 21 décembre : 2-0. Prochain match : Troyes - Metz (32 es de finales de la Coupe de France), samedi 8 janvier à 15h. A suivre : Metz - Laval (20 e journée de Ligue 2), samedi 15 janvier à 15h.
A l’infirmerie. Kevin Diaz (genou) poursuit sa rééducation, alors que Thibaut Bourgeois (fissure du cinquième métatarse du pied gauche) devrait être indisponible entre trois et quatre semaines. Enfin, Tenema N’Diaye, légèrement malade, a été ménagé, hier. L’attaquant malien était présent à l’entraînement, mais il s’est contenté de courir.
Suspendus. Mahamane Traoré et Nuno Frechaut purgeront tous les deux leur match de suspension à l’occasion du déplacement à Troyes pour le compte des trente-deuxièmes de finale de la Coupe de France.