Fin de match électrique sur et en dehors du terrain. Les explications de Ludovic Guerriero peinent à convaincre des supporters déçus de la situation du FC Metz. Photo Pascal BROCARD
Le point "grappillé" par Metz sur la zone de relégation au terme du nul contre Châteauroux, vendredi, ne saurait masquer une réalité : les hommes de Dominique Bijotat n’avancent pas. Ni au classement, ni dans leur jeu.
Deux visages
Après Shutter Island, place à Saint-Symphorien Island. Aussi schizophrène que peut l’être Léonardo Di Caprio dans le dernier chef-d’œuvre du maître Martin Scorcese, le onze messin dirigé par Dominique Bijotat affiche deux visages diamétralement opposés ces trois derniers matches.
Face à Châteauroux, les Grenats ont produit un plagiat malheureux de la première mi-temps apocalyptique consentie contre Ajaccio lors de la 23 e journée. Après dix minutes abouties, le soufflé est retombé, offrant aux spectateurs une accumulation de relances de mauvais goût, de choix plus que hasardeux en défense – souvenir tragi-comique de la roulette brésilienne de Fallou Diagne dans sa surface de réparation – et de stérilité offensive. A jeter… « On a frôlé le pire, on a été onze spectateurs de plus en première période », confidence de Dominique Bijotat. Question : d’où vient cette apathie, cette impression générale renvoyant une équipe ankylosée, sans âme et sans idée durant la moitié d’une rencontre ?
L‘explication menant à l’inconscience d’un groupe sombrant dans les bas-fonds du National est à exclure selon Ludovic Guerriero : « Concernés, on l’est ! Mais à domicile, il y a plus de pression qu’à l’extérieur ». Le mal se situerait donc dans la fragilité tenace de cet éternel mal classé : « Est-ce que c’est cette fébrilité due à notre situation qui amène ce groupe vers ce manque d’engagement et d’enthousiasme ? », s’interrogeait Dominique Bijotat, contraint de remobiliser ses hommes à la mi-temps. Une mise au poing efficace sur le plan du jeu mais hélas guère productive en point(s)…
Attaque atone
« Bien sûr que ça fait plaisir, j’ai l’habitude de tout donner. » Mathieu Duhamel n’a rien d’un avare. Au contraire, sa générosité, son sens du sacrifice n’échappe à personne, à commencer par le public qui l’a copieusement applaudi au terme de la rencontre. Une rareté à souligner dans le flot de mécontentements qui se déverse, sortie après sortie, de l’antre messin.
Seulement « à tout donner », l’attaquant perd en spontanéité et surtout, en « lucidité ». Nul doute que ce face-à-face avec Vincent Fernandez, perdu au cœur du second acte, aurait trouvé un autre épilogue si sa débauche d’énergie avait été maîtrisée avec l’aide de ses coéquipiers : « Personnellement, je lâche beaucoup d’efforts dans mes courses. Si je perdais moins de forces, sans doute serais-je plus lucide ». Pour cela, encore faudra-t-il que Metz retrouve de la cohérence collective, « que l’on mette le pied sur le ballon, ce que nous savons faire ». A prouver…
Colère publique
Le divorce entre les supporters et leur équipe n’est pas encore totalement consommé mais il commence à poindre à l’horizon. Après une première lame de fond au terme de la première mi-temps, une vague de déception a submergé les joueurs au coup de sifflet final. La tentative d’explication fournie par Ludovic Guerriero à une certaine frange de supporters s’est heurtée à un mur imperméable. Côté joueur, la bienséance amène à de la mansuétude envers les insurgés : « Ils ont droit d’être frustrés, on les comprend, nous-mêmes nous le sommes à la fin du match. Mais il ne faut pas non plus manquer de respect », observe le capitaine messin.
Dominique Bijotat voit lui deux manières d’analyser cette cote de désamour grandissante : « Ou on continue et on enfonce cette équipe qui est jeune. Ou au contraire on se mobilise et on la soutient pour sauver ce club. A eux de faire leur choix ». Le choix devrait être vite fait si la raison l’emporte…
Jean-Michel CAVALLI.
Publié le 27/02/2011
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : décrassage. Aujourd’hui : repos. Demain : deux séances d’entraînement.
D’un match à l’autre. Dernier match : Metz - Châteauroux (25 e journée de Ligue 2), vendredi 25 février : 0-0. Prochain match : Reims-Metz (26 e journée), vendredi 4 mars à 20h. A suivre : Metz-Tours (27 e journée), vendredi 11 mars à 20h ; Dijon - Metz (28 e journée), vendredi 18 mars à 20h.
A l’infirmerie. Elle est vide. En marge du décrassage hier, Rudy Gestede s’est acquitté d’un travail de musculation en salle. De son côté, Thibaut Bourgeois a évolué avec l’équipe réserve.
Suspendu. Aucun.
Metz revient de loin (CFA)
Chez une équipe mal classée, mais en plein renouveau depuis l’arrivée d’un nouvel entraîneur, Patrick Vallée, les joueurs de José Pinot ont accroché le match nul (1-1). « Nous avons été mis en difficulté par leur pressing haut, analysait Pinot. Mais nous avons su maîtriser leurs temps forts, sans paniquer. Par contre, j’ai bien aimé la réaction de mes joueurs après l’ouverture du score ».
La première période était, donc pour les locaux. Ces derniers mettaient le pied sur le ballon et obligeaient, les réservistes messins à reculer. Seule occasion dans cette première partie de match, une frappe d’Haddadji (28 e).
Au retour des vestiaires, Metz revenait avec d’autres intentions et une reprise de la tête de Reydel inquiétait le portier oisien, Hérisson (50 e). Mais Compiègne reprenait sa domination et mettait à mal la défense messine. Le gardien de but messin, Sissoko était alors tout heureux de voir la frappe d’Aulon, repoussée par son poteau gauche (52 e). Metz souffrait, et après des tentatives de Herluison (60 e et 70 e) et Basset (63 e), Compiègne ouvrait la marque sur une tête de Basset, bien servi par Herluison (75 e). Dès lors, les Messins sortaient de leur coquille et haussaient le ton. Les situations dangereuses étaient cette fois pour eux. Cassan (81 e), puis Metanire (83 e) ne trouvaient pas le cadre. Ce n’était que partie remise, puisque trois minutes plus tard, Kayombo remportait son face-à-face et égalisait (86 e). Libérés, les partenaires d’Haddadji continuaient leur pressing et voulaient repartir de l’Oise avec les points de la victoire. mais la belle frappe de Matanire, était bien repoussée par Hérisson (89 e).
COMPIÈGNE - METZ : 1-1 (0-0)
434 spectateurs. Arbitre : M. Costes. Buts pour Compiègne : Basset (75 e); pour Metz : Kayombo (86 e). Avertissements à Compiègne : Chrétien (90 e+4); à Metz : Tandjigoria (17 e).
COMPIÈGNE. Hérisson – Budak, Chrétien (cap.), Diakité, Keita – Christophe, Aulon, Basset (Labbé, 85 e), Etiemble – Herluison, Etamé (Kanouté, 74 e).
METZ. Sissoko – Metanire, Kayombo, Koulibaly, Reydel – Meligner, Haddadji (cap.), Tandjigoria (Wang, 82 e), N’Ganvala (Yi, 67 e) – Cassan, Bourgeois (Ndoye, 79 e).