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« Si ça arrive, ce sera génial » : après la Ligue des champions avec Lens, Matthieu Udol rêve de découvrir l'équipe de France
« Déçu » de ne pas avoir été retenu avec les Bleus pour la première de Zinédine Zidane, Matthieu Udol veut saisir sa chance et espère découvrir la sélection après une saison où il fait ses premiers pas en Ligue des champions, à 30 ans.
Alors qu'il s'était abîmé une pommette en manipulant la Coupe de France dans un Bollaert extatique au petit matin du 23 mai (3-1 contre Nice en finale la veille), Matthieu Udol n'a plus la moindre cicatrice et ses buts de la tête lors des deux derniers matches, les premiers de l'ère Yannick Cahuzac, l'ont confirmé.
Même un genou droit meurtri par quatre ruptures du ligament croisé antérieur n'est plus un sujet pour « la Machine », transformée depuis son transfert de Metz à Lens l'été dernier. Sa récente découverte de la Ligue des champions à 30 ans illustre ce parcours d'insubmersible et cette seconde carrière sans aucune limite. Surtout pas l'équipe de France, un « objectif » qu'il assume désormais sans détour.
« Il paraît que Frédéric Antonetti a eu une prémonition en vous imaginant en Ligue des champions.
Un jour, il m'a convoqué dans son bureau à Metz et m'a dit qu'il voyait en moi un joueur qui avait le potentiel Ligue des champions. Il avait décelé ça assez tôt, donc c'est assez sympa que ça se concrétise. Jeune, c'était un rêve, mais je ne peux pas dire que j'avais cet objectif. Je la regardais seulement quand ça passait en clair (rires). Le grand Lyon (du début des années 2000) a laissé une trace dans notre génération avec des performances contre des gros, OL-Barça, OL-Real... Et puis cette musique, ces grands joueurs, il n'y a rien au-dessus en club. À Metz, je me disais que ça allait être difficile de l'atteindre. Même en signant ici, j'espérais pouvoir toucher enfin aux Coupes d'Europe, mais je ne pensais pas du tout la disputer aussi rapidement, c'est dingue.
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À 30 ans, ne se dit-on pas qu'on est un peu en retard ?
Au contraire, je prends ça comme une chance. Chacun son parcours. Les joueurs formés dans des gros clubs ont forcément l'opportunité d'y goûter plus tôt. Malgré tout, il faut en profiter parce que ce n'est jamais quelque chose d'acquis. Par exemple, un champion du monde comme Flo (Thauvin) a dû attendre sept puis six ans entre ses campagnes. Tu ne sais jamais si ça viendra et si ça reviendra. J'étais ému lors de l'hymne à Prague (3-2, le 10 septembre), c'était l'accomplissement d'un rêve de gosse. C'est une atmosphère particulière, tout est décuplé. C'est déjà spécial déjà de se déplacer dans un autre pays quand on n'a pas l'habitude. On sent que c'est un événement pour chacun, une vraie fierté. L'objectif c'est de profiter à fond, prouver qu'on n'est pas ici par hasard et tenter d'accéder à d'autres très belles affiches.
« Si une grosse équipe qui joue la C1 chaque année était venue avec une proposition exceptionnelle, peut-être que ça m'aurait fait réfléchir, mais passer à côté de ça, c'était hors de question »
Avant votre baptême en Tchéquie, votre gros choc contre Lorient (0-1, le 5 septembre) a fait craindre une cinquième rupture du ligament croisé du genou droit. Avez-vous pensé que vous étiez maudit ?
Je sors d'une saison où j'ai tout joué (34 matches dont 33 titularisations en L1), où tout allait bien, et là, la Ligue des champions se présente enfin, et j'ai ça qui me tombe dessus. Je me suis dit que c'était vraiment la poisse ! J'ai compris qu'il y a eu une petite panique quand les gens ont vu qu'on me faisait le test de Lachman (pour évaluer une rupture du ligament croisé antérieur), mais moi, je n'avais pas de crainte par rapport à ça. Après ce que j'ai vécu, je connais mon corps et je savais que ce n'était qu'une grosse béquille. Bon, quand tu passes l'IRM, tu te dis quand même : "J'espère que je n'aurai pas de mauvaise nouvelle." Je n'avais absolument pas envie de manquer ce premier match de C1, même s'il y en a d'autres derrière. Je me suis posé quelques questions, mais j'ai serré les dents et ça s'est bien passé.
Comment avez-vous géré les sollicitations lors du dernier mercato ?
On se dit que c'est l'accomplissement d'années de travail et on en est fier. Ensuite, ça donne envie de pousser encore le curseur le plus haut possible, toujours avec Lens. Le club n'était pas du tout ouvert à la possibilité d'un départ, et à titre personnel, je savais que j'avais une Ligue des champions qui attendait ici, dans un environnement où je me sens très bien. Si une grosse équipe qui joue la C1 chaque année était venue avec une proposition exceptionnelle, peut-être que ça m'aurait fait réfléchir, mais passer à côté de ça, c'était hors de question.
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C'est pour gérer cette évolution que vous vous êtes séparé de votre agent historique (Franck Meuillet) pour travailler avec une société plus importante (Classico) ?
Oui et j'ai ressenti le besoin d'ajouter des choses pour être accompagné dans tout ce qui est environnement d'un footballeur, comme la nutrition, la prévention de blessures, la musculation... Je me donne au moins trois-quatre années pour rester au top, après, si le physique tient, je veux m'y maintenir le plus longtemps possible. Jusqu'à 36-37 ans, ce serait bien.
« Il y a bientôt une prochaine trêve, on a un enchaînement de matches de très haut niveau d'ici là, à moi d'être performant pour encore toquer à la porte »
On ne vous avait jamais vu aussi enragé que face à Monaco (1-2) avant la trêve, peu après la liste des Bleus de Zidane, toujours sans vous.
C'est tombé trois heures avant, j'avais cette potentialité d'être sélectionné, ce n'était pas une journée simple émotionnellement parlant. Le fait d'avoir cet espoir et une déception au bout, ça m'a donné une motivation supplémentaire, et j'ai relâché tout ça sur mon but. J'avais beaucoup de rage en moi, mais j'étais déçu, tout simplement. Il y a bientôt une prochaine trêve, on a un enchaînement de matches de très haut niveau d'ici là, à moi d'être performant pour encore toquer à la porte.
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L'hiver dernier, vous parliez de l'équipe de France comme d'une opportunité. Est-elle désormais devenue un objectif ?
En début de saison dernière, ce n'était pas du tout dans ma tête. Mais les performances individuelles et collectives ont fait que c'est devenu une possibilité. Aujourd'hui, avec la Ligue des champions, mon statut a encore évolué. Il y a aussi une opportunité par rapport à la concurrence de se trouver une place dans cette équipe. C'est devenu un objectif, mais je n'ai pas de pression parce que je suis conscient aussi de là d'où je viens. Si ça arrive, ce sera génial. Sinon ce ne sera pas un regret, juste dommage parce que je n'aurais pas été loin. Je sais aussi que j'ai 30 ans, pas 24, et que plus le temps va passer, plus les opportunités seront difficiles à saisir. Il y a peut-être une fenêtre, et ma polyvalence peut m'aider. Je suis piston mais je peux jouer à gauche dans une défense à quatre, axe gauche aussi.
« Il ne faudra pas comparer à chaque fois avec la saison dernière parce qu'on a une compétition supplémentaire cette année et que l'effectif a changé »
A-t-on sous-évalué l'impact du départ de Pierre Sage en se disant que Lens allait continuer à avancer de la même façon sans lui ? Et est-ce cela qui a coûté sa place à Dino Toppmöller ?
Il y avait une certaine continuité chez le coach qui a été choisi, dans les intentions, le style de jeu appliqué, etc. Je comprends qu'on se soit dit de l'extérieur que ça allait continuer sur la même dynamique, mais ce n'est pas aussi facile que ça. Quand on sort d'une saison où presque tout a fonctionné, ce n'est pas évident de faire changer des choses aux joueurs, parce que si ça ne prend pas, ça peut créer aussi de la frustration. On se dit : "Pourquoi on change alors que tout marchait bien ?" L'année dernière, tout avait pris très vite, mais l'équipe restait sur une saison moins bien réussie, donc c'était plus facile de repartir de zéro. Là, on était très haut sur la ligne de départ.
Le programme de la 2e journée de Ligue des champions
Est-ce que le groupe ne s'est pas vu trop beau après avoir gagné le Trophée des champions (1-0 contre le PSG le 16 août) ?
On ne s'est pas vus trop beaux mais quand on gagne ce titre, contre Paris en plus, on se dit que ça peut repartir pareil. Mais dès les matches qui ont suivi, dans le contenu, ça ne fonctionnait pas comme on le voulait. Il ne faudra pas comparer à chaque fois avec la saison dernière parce qu'on a une compétition supplémentaire cette année et que l'effectif a changé. Le foot est parfois ingrat quand on sort d'une saison exceptionnelle, quasi impossible à rééditer. Avec le nouveau coach (Yannick Cahuzac), on a fait un travail important en vidéo sur nos pressings, nos sorties de balles, nos positionnements. Il y a beaucoup de choses qui se rapprochent de ce qui fonctionnait la saison passée. »