Un but d’Andy Delort a permis à Metz de s’imposer, hier, face à Boulogne. Une victoire acquise dans la douleur, qui lui permet de sortir de la zone rouge et de sauver la tête de son entraîneur, Dominique Bijotat.

Mathieu Duhamel et les Messins ont fermé la porte à douze rencontres sans victoires, quittant, pour un temps au moins, la zone de relégation. Photo Gilles WIRTZ
Dominique Bijotat ne fera pas ses valises. Pas ce matin, en tout cas : hier soir, son équipe lui a évité un départ prématuré en mettant un terme à sa série de douze matches consécutifs sans victoire. Un bonheur n’arrivant jamais seul, les Messins ont profité de ce succès acquis sur le plus petit des scores pour sortir la tête de l’eau. Premiers relégables au coup d’envoi, les Grenats ont quitté la pelouse de Saint-Symphorien débarrassés, pour un temps au moins, de l’angoisse qui collait à leur peau. Seizièmes au classement… Les voilà sortis de la zone rouge. La belle affaire.
Partagé par le public, l’immense soulagement qui a accompagné le retour des Messins aux vestiaires a été à la mesure de la crispation dans laquelle s’est déroulée cette affiche de la peur entre deux formations prises à la gorge par leurs statistiques. Le dix-huitième contre le dix-neuvième : forcément, il ne fallait pas s’attendre à un miracle en terme de qualité de jeu.
Et il faut le reconnaître, les deux adversaires ont longtemps assumé leur statut de formations à la peine. Pas de liant, très peu d’occasions, bref, un désert, qu’il serait trop facile de mettre sur le compte de la pression entourant la rencontre. Mais le débat, dans la tête des Messins et de leurs homologues boulonnais ne se situe pas là à cette heure de la saison.
Un but qui vaut de l’or
Aujourd’hui, seuls les points comptent. Et à ce jeu, les Messins sont sortis du combat vainqueurs. Longtemps restées sans lendemain, leurs intentions ont fini par payer après le retour des vestiaires. L’inédit a du bon : pour la première fois de la saison, Dominique Bijotat avait osé le risque d’aligner deux véritables attaquants dès le coup d’envoi. Une initiative qui a fait sauter l’ultimatum présidentiel. A la 65 e minute, Mathieu Duhamel déviait le ballon de la tête pour son compagnon de surface, Andy Delort. Ce dernier s’arrachait du marquage d’un défenseur nordiste pour tromper le gardien du bout du pied. Un but qui vaut de l’or.
Le jeu de mot est facile. Mais il traduit bien l’importance de la première réalisation de l’attaquant prêté par Ajaccio. Hier, ce but en question a permis au FC Metz de sortir de la spirale négative dans laquelle l’avait fait plonger sa défaite à Angers, fin décembre 2011.
Depuis, Metz n’avait rien gagné, mais seulement accumulé les déconvenues. Il en a évité une nouvelle, qui aurait été fatale à son entraîneur, en s’accrochant jusqu’au terme de la partie à un succès que les Boulonnais ont eu toutes les peines du monde à contester. A l’exception de cette frappe de Salibur boxée par Oumar Sissoko, le gardien messin, auteur aussi d’une belle parade sur la tête appuyée de Fabien (79 e et 83 e), l’équipe de Pascal Plancque n’a en effet jamais vraiment montré un visage conforme à ses ambitions de maintien. Son échec la place plus que jamais sur la route du National.
Le FC Metz, lui, en est sorti. Avant d’aller défier la lanterne rouge du championnat, Amiens, la semaine prochaine, il possède trois points d’avance sur Le Mans, son dernier bourreau en date. La marge est maigre, il est vrai, mais elle existe et à ce stade de la saison, elle se révèle précieuse. Pour Dominique Bijotat et tous ses hommes, l’heure du soulagement n’a pas encore véritablement sonné. Mais l’espoir a repris vie. Ils respirent encore…
Cédric BROUT.
Ça vaut Delort !

Les Messins, pour une fois, ont pu fêter la victoire avec leurs supporters. Ouf ! Photo Gilles WIRTZ
EN VUE
Oumar Sissoko. Si Metz a mis un terme à sa funeste série de douze matches sans la moindre victoire, hier soir, il le doit aussi et surtout à son gardien. A son avantage sur une énorme parade sur Oliveira, auteur d’une frappe à bout portant, dès la onzième minute, l’international malien a ensuite su préserver le score en intervenant sur la lourde frappe de Salubur (79 e) avant de détourner, d’un réflexe incroyable, une tête signée Fabien (83 e).
Sadio Mané. Replacé dans le couloir droit, le jeune milieu de terrain sénégalais a, une nouvelle fois, fait preuve d’une vivacité jamais démentie. Il a provoqué, tenté sa chance (33 e, 59 e) et essayé à plusieurs reprises de perforer la défense boulonnaise. Avec un peu trop de gourmandise par instants.
DANS L’OMBRE
David Fleurival. Remplaçant, mardi, lors de la venue du Mans, le milieu de terrain a retrouvé sa place, en solo, devant la défense messine. S’il s’est battu, il a, par contre, fait preuve de fébrilité dans ses transmissions de balles durant de très longues minutes. Un peu plus propre dans ses interventions après la pause, David Fleurival n’a cependant pas eu le rendement qui a fait sa force lors de la première partie de saison.
Stéphane Besle. Rapidement dans le collimateur d’un tatillon – et souvent peu inspiré – M. Husset, le défenseur messin a semblé faire preuve de retenue dans ses duels, tout en manquant d’inspiration dans ses relances.
PAROLES, PAROLES
Pascal Plancque (entraîneur de Boulogne). « Je suis en colère. C’est une très mauvaise opération face à un concurrent direct. Metz est allé chercher cette victoire au courage. Nous, nous n’avons pas suffisamment existé dans le domaine offensif. A mon goût, un 0-0 aurait été plus conforme à l’histoire de cette rencontre. »
Kalidou Koulibaly(défenseur de Metz). « Depuis le temps que l’on cherchait cette victoire ! Il y avait beaucoup de pression autour de cette rencontre. Mais on a su l’évacuer. On a su se serrer les coudes. Bien évidemment, ce succès est aussi celui de notre entraîneur. »
Dominique Bijotat(entraîneur de Metz). « Cette victoire fait évidemment du bien. On l’attendait depuis si longtemps. Nous avons préparé cette rencontre avec une grosse pression. Et pas seulement en raison de la situation du coach. La mise au vert a été prise pour de la fébrilité. Ce n’était pas le cas. En interne, il y a eu beaucoup de discussions pour préparer au mieux ce match. Mais qui aurait apprécié d’être traité comme je l’ai été il y a deux jours dans le journal ? »
Bernard Serin(président de Metz). « C’est un soulagement. Même si ce dernier n’est pas définitif. Ce soir, j’ai vu ce que je voulais voir : une équipe qui se bat, malgré quelques déchets dans le jeu. Mais j’ai aimé cet esprit de lutte, de conquête, de détermination et de volonté. J’avais décidé de sortir du vestiaire car la pression interne ne fonctionnait plus. On a parlé d’ultimatum au sujet de Dominique Bijotat, je ne réfute pas le terme. Et la pression extérieur a, semble-t-il, eu plus d’effets. »

La clameur résonne encore dans le stade, Dominique Bijotat exulte. Ses joueurs ont eu la réaction attendue. Photo Gilles WIRTZ
Jean-Sébastien GALLOIS.
L’HOMME DU MATCH
Andy Delort. Pour sa deuxième titularisation, la première à Saint-Symphorien, l’attaquant prêté par Ajaccio a enlevé une sacrée épine du pied au FC Metz. Bien servi par Mathieu Duhamel, avec lequel il partageait la pointe de l’attaque hier, Andy Delort a su résister aux retours de Touré et Rimane pour placer une petite balle lobée au dessus de Bagué. Un but récompensant ses nombreux appels de balles et autres solutions offerts à ses milieux de terrain. Rarement en position dangereuse en première période, il a tenté sa chance à plusieurs reprises après la pause. Jusqu’à ce but, qui, ce matin, vaut de l’or ! Victime de crampes, le héros de la soirée a cédé sa place à Yohan Bestch (69 e).

Metz pour une série (CFA)
Le match. Belfort : 9 e avec 50 points (7 victoires, 8 nuls, 6 défaites). Dernier match : nul à Sochaux (1-1). FC Metz : 10 e avec 50 pts (8 victoires, 6 nuls, 6 défaites). Dernier match : victoire contre Sarre-Union (4-1).
L’enjeu. Après avoir réussi le match nul à Amnéville (2-2), les Messins ont obtenu une belle victoire face à Sarre-Union (4-1). Ce succès était d’ailleurs déjà acquis à la pause pour les hommes de José Pinot. Avec ces deux bons résultats, les Grenats repartent sur de bonnes bases et tenteront de poursuivre cette série positive dès ce soir à Belfort. Si les Francs-comtois devancent les Lorrains d’une place au classement général, ils comptent le même nombre de points (50) avec un match joué en plus. Belfort, qui reste sur trois résultats nuls, aura certainement à cœur de renouer avec la victoire sur ses terres mais Metz entend bien continuer sur sa lancée.
Le groupe messin. Pour ce déplacement, le groupe de José Pinot ne devrait pas connaître de grands bouleversements. Réda Fawzi, insuffisamment remis de son entorse et Wang Chu, qui s’est blessé cette semaine, sont assurés de ne pas pouvoir participer à la rencontre. Kwame N’Sor retenu avec les professionnels pour le match contre Boulogne ne devrait pas non plus pouvoir être aligné en Franche Comté. Pour le reste, l’entraîneur messin devrait disposer d’un groupe quasiment identique à celui qui a affronté et battu Sarre-Union le week-end dernier.
Belfort - Metz (18h)