L'on m'a parfois changé de poste, pour raisons physiques ou maladresse chronique (c'est eux qui disaient, pas moi). J'ai su dire à mes entraîneurs, des grands, dont un est devenu très grand (et sa croissance était terminée depuis longtemps), que le nouveau poste ne me convenait pas et que je tirais ainsi l'effectif ou le groupe vers le bas. L'entraîneur m'a rétorqué qu'il avait meilleur à mon poste initial, je lui ai répondu qu'il y avait meilleur à mon nouveau poste. Il m'a proposé le banc, j'ai accepté.lalorrainégrena a écrit :Je ne crois pas Roberto.RobertoAlagnole a écrit :
C'est comme ça dans tous les sports collectifs. Le dialogue, l'aveu des faiblesses dans un secteur, se remettre au travail, etc.
Dans un club, le staff évalue son effectif et met en place un dispositif tactique qui met enn valeur les qualités de celui-ci. Éventuellement tellement en adaptant en fonction de l'adversaire.
Si le joueur évolue dans un schéma qui ne lui convient pas, il se tait et se met au service du collectif (c'est également comme ça en Régional).
Si le joueur n'est pas performant, le staff s'en rend compte et s'il nest pas satisfait de l'apport du joueur, il lui en parle, change le schéma ou de joueur.
Nous avons discuté, j'ai travaillé mes faiblesses, mon égo (parce que ça ne me plaisait pas du tout d'être moins bon qu'un autre) et, une demi-saison plus loin, j'ai partagé mon poste initial avec le type qui avait pris ma place. Chacun son match ou chacun sa période. C'est aujourd'hui mon meilleur ami. Ce qu'il faut dire, c'est qu'il a très longtemps été assis sur le banc, sans que je m'inquiète pour ma place. Il n'a jamais rien dit et, pourtant, il savait qu'il était plus fort. Il attendait son tour, voilà tout. Et durant ce laps de temps, il a travaillé. Concurrence qui aurait dû être saine mais qui était faussée par l'égo du titulaire, qui jouissait d'un statut.
La morale, c'est qu'au club, il a sa statue. Pas moi.
Je lui rends régulièrement visite à Bruxelles, au cimetière. J'y arrose les chrysanthèmes et passe un coup de balayette sur la pierre. Parfois, je m'en veux un peu d'être encore titulaire.