Trois mois après sa première apparition officielle sous les couleurs du FC Metz, à Clermont, Ludovic Guerreiro tire la sonnette d’alarme. Le milieu de terrain espère une réaction, ce soir, en Auvergne.
De la hargne et du caractère. Voilà les ingrédiens que Ludovic Guerreiro espère trouver, ce soir, au stade Gabriel-Montpied. Photo Pascal BROCARD
Évoquer votre passage au stade Gabriel-Montpied en juillet dernier (défaite de Metz au premier tour de la Coupe de la Ligue, 3-1), cela vous inspire quoi ?
« ( Soupirs) Nous avions réalisé une très bonne première période ponctuée par un but de Rudy Gestede. Malheureusement, cela n’avait pas suffi. Nous nous étions écroulés après l’égalisation des Clermontois. Ces derniers avaient fait le dos rond pendant près d’une heure avant de relever la tête. Nous sommes donc prévenus : même si on est bien, même si on mène au score, ils ne lâcheront rien… »
• Ce scénario ressemble à s’y méprendre à celui entrevu lors des dernières sorties du FC Metz. N’est-ce pas inquiétant avant d’aborder la treizième journée ?
« Evidemment. Ces similitudes sont très contrariantes. Ces derniers temps, nous avons souvent les cartes en main pour mener à bien nos projets. Et finalement on s’écroule… On joue à l’envers. Aujourd’hui, nous ne devons plus nous contenter de réagir : il est grand temps d’agir ! Sur certains matches, nous sommes parvenus à rectifier ce défaut, à faire preuve de plus de caractère. »
• Ce manque de caractère est-il le mal qui ronge le FC Metz actuellement ?
« C’est l’un des symptômes. Dans notre situation, ça ne sert à rien de vouloir être trop beau. Ce qui compte, ce sont les trois points. Prenez l’exemple de Châteauroux : on domine cette équipe tout au long de la rencontre, mais au final, elle s’impose 1-0 ( le 17 septembre). Franchement, si on doit passer par là pour engranger des points, cela ne me dérange pas. »
• Le groupe est-il conscient de cet état d’urgence ?
« Bien entendu. Nous, les joueurs, sommes les premiers responsables de cette situation. Il ne faut pas croire qu’une fois l’entraînement terminé on ne pense plus à tout ça. Cette situation demande encore plus de concentration et mange énormément d’énergie. C’est dans nos têtes en permanence. L’ensemble du groupe est affecté. Et remettre en cause les aptitudes du coach ou la préparation physique, comme j’ai pu l’entendre dire ces derniers temps, c’est absurde ! Et c’est faux ! Physiquement, je crois que nous avons prouvé, au travers de la série de trois matches que nous venons de traverser, que nous étions au point. C’est un faux problème. »
• Et concernant les différents systèmes de jeu mis en place par Dominique Bijotat ?
« C’est la même chose. On ne doit pas s’arrêter à ce genre de détails. Le problème vient toujours des joueurs. C’est à nous de nous adapter. Les choix de l’entraîneur ne sont pas faits pour pénaliser l’équipe, mais au contraire, pour nous permettre de nous exprimer le mieux possible. Peu importe le système et le placement de tel ou tel joueur. La preuve, Adama Tamboura s’est parfaitement accommodé de son replacement en milieu de terrain. Je le répète, c’est à nous de nous adapter. A comprendre que nous sommes au service du collectif, comme nous avions su le faire contre Vannes. »
• Un match référence selon vous ?
« Oui. Tout le monde nous parle du match face à Tours. Mais à mes yeux, c’est de notre prestation face à Vannes que nous devons nous référer ( victoire 1-0, le 20 août). Nous n’avions pas forcément été particulièrement séduisants, mais l’équipe avait fait preuve de solidité et surtout manifesté un état d’esprit irréprochable. »
• On vous sent remonté…
« Comment ne pas l’être ? Actuellement on joue avec la vie d’un club. Beaucoup de gens ont encore en tête la génération 1998. Mais c’est du passé. Aujourd’hui on lutte pour notre survie en Ligue 2. »
• C’est un discours que vous tenez en interne ?
« Oui. Je prends la parole parce que c’est dans ma nature et que la situation l’exige. La situation du FC Metz ne me plaît pas ! Pas plus qu’elle ne plaît à mes coéquipiers. On est tous dans le même bateau. Mon rôle, comme celui des plus anciens, est de faire prendre conscience à tous de l’urgence de la situation. »
J.-S. GALLOIS.
Pacte de stabilité
Au delà de l’aspect purement tactique, les Messins doivent impérativement retrouver de la constance dans le jeu. Pour ne pas sombrer.
Buteur face à Angers, Tenema N’Diaye tentera de récidiver, ce soir, à Clermont. Photo Pascal BROCARD
j’ espère que l’on va enfin réaliser un match complet. » Tel est le vœu de Dominique Bijotat pour ce périlleux déplacement en Auvergne. Car, ce soir, il est de nouveau question de rallumer la flamme du feu sacré au pied du volcan clermontois. « Tout au long de la semaine, nous avons tenté de remobiliser les énergies, poursuit l’entraîneur messin. On lutte pour le maintien. C’est aujourd’hui une réalité. Le FC Metz est dix-septième et on a besoin de joueurs concentrés à 100 %. » Et donc de corriger au plus vite les vilaines scories individuelles qui viennent régulièrement polluer l’atmosphère du quoditien messin. « A l’image de l’égalisation clermontoise en Coupe de la Ligue, nous nous pénalisons par une succession d’erreurs individuelles, convient Dominique Bijotat. C’est l’une de nos lacunes les plus pénalisantes. La solution ? Ne pas se laisser aller. On sait qu’il nous faut énormément de concentration et sans doute cela échappe-t-il encore à certains. »
Ce soir, à Clermont, le mot d’ordre est donc très simple : « afficher suffisamment d’ambition pour envisager un bon résultat. C’est une équipe difficile à manœuvrer chez elle, mais elle navigue actuellement dans les mêmes eaux que nous. »
Pour éviter de chavirer, le technicien messin devrait sans doute revenir à une formule en 4-5-1 avec Tenema N’Diaye seul en pointe afin de permettre au jeune Diafra Sakho, séduisant lors des trois dernières sorties messines, de souffler un peu. En milieu de terrain, Olivier Cassan pourrait refaire son apparition sur le flanc droit, David Fleurival reculant d’un cran devant la défense, aux côtés de Ludovic Guerriero. Derrière, en l’absence de Nuno Frechaut, Kalidou Koulibaly, auteur d’une sortie remarquée à Grenoble, devrait être titularisé dans l’axe.
Clermont : un seul revers à domicile
De leur côté, les Clermontois, très proches de l’accession en Ligue 1 en fin de saison dernière, n’ont pas encore trouvé la bonne carburation en ce début d’exercice. Modestes treizième après douze journées, ils alternent le bon (victoire face au Havre, nul à Troyes) et le moins bon (défaite à domicile contre Angers 1-2, ou encore à Sedan 4-0). Mais avec un seul revers au stade Gabriel-Montpied depuis le début de la saison, Clermont veut engranger des points à domicile à défaut de le faire à l’extérieur. Il y a huit jours devant Laval, les hommes de Michel Der Zakarian l’ont emporté (2-0). Ce dernier comptera sur sa prolifique phalange offensive (18 buts) emmené par Sloan Privat déjà auteur de six réalisations cette saison.
J.-S. G.
L’info Plainte retirée. A travers un communiqué p.
L’info
Plainte retirée. A travers un communiqué publié hier, le FC Metz a souhaité réagir aux événements qui ont suivi la rencontre Metz - Angers du 22 octobre. Quatre membres du groupe de supporters Horda Frénétik 1997 avaient, en effet, été interpellés par les forces de l’ordre à l’issue de ce match, suite au déploiement d’une banderole faisant apparaître une croix gammée barrée d’un poing et du message « Gegen nazis ». Et le FC Metz de préciser : « Suite à ces interpellations, à l’initiative desquelles le FC Metz ne se trouve d’aucune manière que ce soit, mais conformément aux recommandations du Ministère de l’Intérieur et la LFP en cas d’interpellation aux abords des stades, le FC Metz a porté plainte. Toutefois, après étude du dossier, considérant à la fois la fragilité des charges soulevées à l’encontre des individus interpellés et les valeurs fondamentales du groupe Horda Frénétik 1997 qui tend à lutter contre le racisme depuis sa création, les dirigeants du FC Metz ont logiquement décidé de retirer cette plainte. […] Le FC Metz n’est donc plus partie intervenante dans cette affaire. »
J.-S. G.
L’arbitre Stéphane Bré. Ce soir, sur la pelouse du stade Gabriel Montpied
L’arbitre
Stéphane Bré. Ce soir, sur la pelouse de Gabriel-Montpeid, Stéphane Bré arbitrera sa troisième rencontre de Ligue 2 cette saison. Mais ni Metz, ni Clermont ne l’ont encore croisé sur leur passage.
Le chiffre
0. Les quatre déplacements du FC Metz au stade Gabriel-Montpied se sont tous soldés par une défaite. La dernière en date remonte au 30 juillet dernier à l’occasion du premier tour de la Coupe de la Ligue. Malgré l’ouverture du score signée Gestede, les Messins s’étaient inclinés 3-1.
La phrase
De Dominique Bijotat. A propos de l’apparition du jeune Romain Métanire dans le groupe appelé à rencontrer Clermont ce soir. « C’est un joueur explosif et généreux dans l’effort au sein de son couloir droit. Il est important de récompenser de jeunes joueurs quand ils paraissent aptes à répondre à ce que l’on attend d’eux. »