Didier Philippe : «Il faut que je me mouille un peu, que je propose des noms et des profils…»
Nommé responsable de la cellule de recrutement du FC Metz en juillet dernier, Didier Philippe se démène en coulisses pour dénicher les joueurs messins de demain. Découverte d’un travailleur de l’ombre.
Didier Philippe, vous avez débuté votre carrière de joueur à Sarreguemines avant de rejoindre le centre de formation de Sochaux. Quel a été ensuite votre parcours ? «A dix-sept ans, alors que j’effectué mon apprentissage au centre de formation sochalien en compagnie de joueurs tels que Stopyra, Anziani ou Rousset, le FC Sarrebrück m’a proposé un contrat pro. J’ai sauté sur l’occasion d’autant que je me rapprochais de ma famille après de longues années de séparation. De plus, j’estimais avoir le profil d’un attaquant capable de s’imposer dans le football allemand. D’ailleurs, Kaiserslautern s’est intéressé à moi, mais comme je n’avais pas encore effectué mon service militaire, j’ai été contraint de regagner la France et l’AS Nancy-Lorraine en l’occurrence. J’ai ensuite porté les couleurs de Laval, Sedan, Martigues et Toulon avant de prendre place sur le banc, ce à quoi j’aspirais depuis tout jeune.»
Pourquoi avoir alors tourné le dos à votre carrière d’entraîneur au profit de la panoplie de superviseur-recruteur que vous aviez d’ailleurs déjà enfilé la saison dernière au FC Sarrebrück ? «A mes yeux, il n’y a pas de réelle différence entre les deux fonctions. Le fait d’être un ancien joueur professionnel et d’avoir été entraîneur me permet de porter un regard, que j’estime avisé, sur le jeu, le sens collectif d’une équipe, la place d’un joueur dans tel ou tel schéma tactique et non pas de m’ébahir simplement sur deux ou trois dribbles réussis…»
Pourquoi le FC Metz ? «A l’intersaison, trois opportunités se sont offertes à moi, dont une piste très chaude du côté de Duisburg où l’on me proposait de devenir l’adjoint de Rudi Bommer. Par ailleurs, les clubs d’Hoffenheim et de Metz se sont manifestés afin que je rejoigne leur cellule de recrutement. Après avoir rencontré Joël Muller (le directeur sportif messin), j’ai rapidement accepté l’offre du FC Metz. La perspective d’intégrer le club phare de ma région d’origine était séduisante, mais c’est surtout le fait de pouvoir travailler avec les grands professionnels que sont Joël Muller, Christian Mattiello, Philippe Gaillot et Yvon Pouliquen, que je connais bien pour avoir évolué à ses côtés (à Laval de 1987 à 1989), qui m’a définitivement convaincu. Je savais où je mettais les pieds. Et après six mois de collaboration, je sais que j’ai fait le bon choix… Les échanges sont quasi-quotidiens et même si la décision finale concernant une éventuelle recrue revient évidemment au président et à l’entraîneur, je ne suis pas laissé de côté. Il faut que je me mouille un peu, que je propose des noms et des profils…»
A quoi ressemble une semaine type de Didier Philippe ? «Généralement, j’assiste à trois ou quatre matches, en France ou à l’étranger. Pour chaque rencontre, je rédige ensuite un rapport et rentre les informations concernant le profil de joueurs susceptibles de nous intéresser dans un logiciel prévu à cet effet. Il reste ainsi une trace de joueurs dont nous pourrions avoir besoin dans une ou deux saisons. Je visionne également de nombreuses vidéos, participe aux différentes réunions techniques avec le staff et discute avec les entraîneurs, notamment Christian Mattiello, de nos futurs adversaires. Je dois également organiser les plannings de nos scouts régionaux, un vaste réseau composé principalement d’anciens joueurs qui assistent à des matches et nous offrent ainsi de nouvelles pistes.»
Vous reste-t-il un peu de temps pour assister aux prestations du FC Metz ? «C’est absolument nécessaire. Comment voulez-vous savoir quel type de joueur correspond aux attentes du staff technique si vous ne connaissez pas la valeur et les caractéristiques des éléments actuellement sous contrat, ni la façon de jouer de votre propre équipe ?»
J.-S. GALLOIS.
Publié le 17/12/2008 RL