Nikelkrom a écrit :Avec quel effectif ?
Pied et le FC Metz c’est fini. Photo Anthony PICORE
Ses valises sont bouclées et ses cartons, empilés à l’entrée de son appartement, n’attendent plus que le camion qui les transportera jusqu’à Lyon. Pour Jérémy Pied, prêté par l’Olympique Lyonnais en début de saison, l’aventure messine s’est arrêtée vendredi soir au coup de sifflet final du match contre Vannes. Demain, le milieu de terrain reprendra la route du Rhône et celle de son club formateur. Son départ ne sera que le premier d’une longue liste : douze joueurs arriveront, en effet, en fin de contrat à la fin du mois du juin.
Pour les nommer : Vincent Bessat, Frédéric Biancalani, Julien Cardy, Pascal Johansen, Ibrahima Gueye, Victor Mendy, Mario Mutsch, Romain Ruffier, Diafra Sakho, Oumar Sissoko, Matheus Vivian et Sylvain Wiltord… Rien ne dit que certains d’entre eux ne seront pas là, mais pour l’heure, à l’exception de Christophe Marichez, dont l’engagement avec Metz a été repoussé jusqu’en juin 2011, aucune prolongation de contrat n’a été officialisée.
« Le cœur et l’engagement ont leur limite »
De toute façon, la coupe sera franche. Elle ne sera pas suffisante, néanmoins, pour épargner aux dirigeants de longues heures de réflexion sur la question de l’effectif appelé à assumer la troisième saison messine d’affilée en Ligue 2. Le dossier s‘annonce complexe : au-delà des considérations purement sportives qui devront accompagner sa gestation, il est à prévoir que la situation financière imputable à l’échec sportif concrétisé avant-hier amenuisera en profondeur la marge de manœuvre messine.
En attendant que les chiffres sortent de terre et que se lisent les conséquences de la prolongation du bail en Ligue 2 sur le porte-monnaie messin, il y a cette évidence à prendre en compte. Celle-ci a été énoncée à chaud, vendredi, par Joël Muller : « Le cœur et l’engagement ont leur limite au haut niveau. Il faut aussi de la réflexion, de la justesse technique… »
Roulez jeunesse…
Dans le chantier qui s’annonce, la dimension psychologique sera aussi à prendre en compte. L’exemple de la saison qui s’achève la place même au rang des priorités : en décidant de laisser les commandes à un entraîneur qui restait sur un échec marqué à l’issue de sa première saison complète à la tête de l’équipe, en mai 2009, Metz savait qu’il prenait un risque. Il n’en a sans doute pas mesuré toutes les conséquences possibles. Et aujourd’hui, c’est l’ensemble du vestiaire messin qui baigne dans cette notion d’échec.
Romain Rocchi a derrière lui deux montées ratées « en fin de saison. C’est usant. » Alors évidemment, pour la prochaine saison, la troisième et dernière le concernant, le milieu de terrain espère qu’il y aura « du sang neuf. Il faudra repartir avec des esprits frais. » Il peut d’ores et déjà être rassuré. Le président Bernard Serin a confirmé que le club s’appuierait en grande partie sur des éléments formés au club. Le souffle de quelques-uns des joueurs récemment vainqueurs de la Coupe Gambardella ne devrait pas faire de mal à l’ensemble messin. Mais une chose est sûre : Metz ne pourra pas tout attendre de sa jeunesse triomphante. Un autre casse-tête commence.
Cédric BROUT.