Re: [Fil Rouge] Racing Club de Strasbourg
Publié : 10 janv. 2023, 08:34
Source Dna
dna a écrit :les coulisses de l'éviction de Julien Stéphan
Dissensions dans le staff, incompréhensions sur le recrutement, incompatibilité entre les ambitions d’un entraîneur et les moyens financiers limités d’un club : l’éviction de Julien Stéphan ce lundi matin est sans doute multifactorielle.
Depuis quelque temps déjà, les bruits se propageaient dans les couloirs de la Meinau. Le dernier en date remontait au soir de la défaite contre Troyes (2-3) le lundi 2 janvier : une folle rumeur colportait que Julien Stéphan était susceptible de démissionner après cet échec contre un concurrent direct. Trop tardive pour être vérifiée le soir même, “l’info” avait fait long feu le lendemain matin.
Des tensions entre Stéphan et Le Scornet
Ces dernières semaines, le discours officieux dans l’environnement du Racing ne variait pas et tenait en substance en ces mots : « L’éviction de Julien Stéphan n’a jamais été évoquée, mais ça n’empêche pas d’observer ce qui se passe, notamment dans les résultats et la réaction du groupe, et de réfléchir. »
Bien avant cette désillusion face à l’Estac, dès l’automne en fait, de multiples échos faisant état de dissensions dans le staff avaient filtré. Le numéro 1 et son adjoint Mathieu Le Scornet, partenaires depuis leur époque rennaise et arrivés ensemble en Alsace en juin 2021, n’étaient plus sur la même longueur d’onde. Certaines sources assuraient que les deux hommes ne s’adressaient plus guère la parole depuis le début 2022. Une fracture pas vraiment visible à l’œil nu du bord du terrain d’entraînement, mais perceptible en interne.
L’intérimaire premier surpris
Ces tiraillements étaient évidemment parvenus aux oreilles des dirigeants. À telle enseigne que lors d’une réunion organisée très tard le dimanche 13 novembre après le nul arraché à la 87e minute contre Lorient à la Meinau (1-1), le président Marc Keller avait expressément demandé au quadragénaire d’aplanir les différends avec son adjoint durant la trêve liée à la Coupe du monde. Les deux techniciens s’étaient alors entretenus et avaient décrété une sorte de paix des braves. Mais les positions ne s’étaient pas pour autant rapprochées.
Les têtes pensantes du Racing ont-elles considéré que cette discorde larvée n’était pas tenable sur le long terme ? Peut-être, mais ce n’est pas le seul élément qui les a conduites à mettre Julien Stéphan à pied ce lundi et introniser comme intérimaire son désormais ex-adjoint, ce qui n’a rien d’anodin, même si ce dernier n’a pas feint sa surprise lors du point-presse improvisé l’après-midi.
Le sursaut attendu à la reprise du championnat, à la fois dans le jeu proposé et les résultats, n’a pas eu lieu, sauf par séquences. Pas sûr que leur sentence aurait été la même si le Racing avait rapporté un point de Paris au lieu de s’y incliner 2-1 au bout du temps additionnel (90e +6) ou si, revenu de nulle part contre Troyes – de 0-2 à 2-2 –, il avait fait pencher la balance du bon côté au lieu de s’incliner 2-3.
Même si le cap de la mi-saison ne sera atteint que samedi à Lyon, les dirigeants ont estimé qu’ils ne pouvaient plus attendre. D’autant, sans doute, qu’ils ont commencé à voir poindre au sein de l’effectif une inquiétante forme de fatalisme, voire de renoncement.
Un hiatus entre l’envie du coach et les moyens du club
Aussi le président et sa garde rapprochée ont-ils écarté un entraîneur dont la lune de miel avec leur club n’aura finalement duré qu’un an. Ces six derniers mois, Julien Stéphan a épuisé le crédit que lui avait conféré auprès d’eux la sixième place de 2021-2022, soit le meilleur classement du club en Ligue 1 depuis 1980 (5e ).
Peut-être aussi parce qu’il s’est souvent agacé, en pesant néanmoins toujours ses propos, de n’avoir pas la mainmise sur la décision finale en matière de recrutement. À Rennes, il avait l’habitude de disposer de moyens financiers d’une tout autre envergure pour attirer ses renforts.
En débarquant à Strasbourg à l’intersaison 2021, il était certes conscient qu’il devrait composer avec des contingences budgétaires bien plus drastiques. « Je sais où je mets les pieds », avait-il déclaré dès sa présentation, avant de le répéter à plusieurs reprises.
Mais il n’avait jamais imaginé que ces contraintes seraient aussi fortes. C’est aussi dans ce hiatus que se niche l’une des explications à son départ.
Un clash dimanche soir ?
Dimanche après l’entraînement, le Rennais de naissance, son président, le coordinateur sportif Kader Mangane, le recruteur Loïc Désiré et l’actionnaire Christian Rothacker se sont réunis.
Au cœur des discussions notamment, le cas Adrien Thomasson, convoité par Lens et dont le coach disait vendredi soir qu’il espérait qu’il resterait, en ajoutant « n’avoir aucun impact » sur le choix qui serait fait.
Le transfert possible, sinon probable, du meneur de jeu en Artois a-t-il engendré des crispations nouvelles entre le Breton et sa direction ? L’hypothèse est plausible. Elle expliquerait en tout cas que les événements se soient précipités dès le lendemain
dna a écrit :les coulisses de l'éviction de Julien Stéphan
Dissensions dans le staff, incompréhensions sur le recrutement, incompatibilité entre les ambitions d’un entraîneur et les moyens financiers limités d’un club : l’éviction de Julien Stéphan ce lundi matin est sans doute multifactorielle.
Depuis quelque temps déjà, les bruits se propageaient dans les couloirs de la Meinau. Le dernier en date remontait au soir de la défaite contre Troyes (2-3) le lundi 2 janvier : une folle rumeur colportait que Julien Stéphan était susceptible de démissionner après cet échec contre un concurrent direct. Trop tardive pour être vérifiée le soir même, “l’info” avait fait long feu le lendemain matin.
Des tensions entre Stéphan et Le Scornet
Ces dernières semaines, le discours officieux dans l’environnement du Racing ne variait pas et tenait en substance en ces mots : « L’éviction de Julien Stéphan n’a jamais été évoquée, mais ça n’empêche pas d’observer ce qui se passe, notamment dans les résultats et la réaction du groupe, et de réfléchir. »
Bien avant cette désillusion face à l’Estac, dès l’automne en fait, de multiples échos faisant état de dissensions dans le staff avaient filtré. Le numéro 1 et son adjoint Mathieu Le Scornet, partenaires depuis leur époque rennaise et arrivés ensemble en Alsace en juin 2021, n’étaient plus sur la même longueur d’onde. Certaines sources assuraient que les deux hommes ne s’adressaient plus guère la parole depuis le début 2022. Une fracture pas vraiment visible à l’œil nu du bord du terrain d’entraînement, mais perceptible en interne.
L’intérimaire premier surpris
Ces tiraillements étaient évidemment parvenus aux oreilles des dirigeants. À telle enseigne que lors d’une réunion organisée très tard le dimanche 13 novembre après le nul arraché à la 87e minute contre Lorient à la Meinau (1-1), le président Marc Keller avait expressément demandé au quadragénaire d’aplanir les différends avec son adjoint durant la trêve liée à la Coupe du monde. Les deux techniciens s’étaient alors entretenus et avaient décrété une sorte de paix des braves. Mais les positions ne s’étaient pas pour autant rapprochées.
Les têtes pensantes du Racing ont-elles considéré que cette discorde larvée n’était pas tenable sur le long terme ? Peut-être, mais ce n’est pas le seul élément qui les a conduites à mettre Julien Stéphan à pied ce lundi et introniser comme intérimaire son désormais ex-adjoint, ce qui n’a rien d’anodin, même si ce dernier n’a pas feint sa surprise lors du point-presse improvisé l’après-midi.
Le sursaut attendu à la reprise du championnat, à la fois dans le jeu proposé et les résultats, n’a pas eu lieu, sauf par séquences. Pas sûr que leur sentence aurait été la même si le Racing avait rapporté un point de Paris au lieu de s’y incliner 2-1 au bout du temps additionnel (90e +6) ou si, revenu de nulle part contre Troyes – de 0-2 à 2-2 –, il avait fait pencher la balance du bon côté au lieu de s’incliner 2-3.
Même si le cap de la mi-saison ne sera atteint que samedi à Lyon, les dirigeants ont estimé qu’ils ne pouvaient plus attendre. D’autant, sans doute, qu’ils ont commencé à voir poindre au sein de l’effectif une inquiétante forme de fatalisme, voire de renoncement.
Un hiatus entre l’envie du coach et les moyens du club
Aussi le président et sa garde rapprochée ont-ils écarté un entraîneur dont la lune de miel avec leur club n’aura finalement duré qu’un an. Ces six derniers mois, Julien Stéphan a épuisé le crédit que lui avait conféré auprès d’eux la sixième place de 2021-2022, soit le meilleur classement du club en Ligue 1 depuis 1980 (5e ).
Peut-être aussi parce qu’il s’est souvent agacé, en pesant néanmoins toujours ses propos, de n’avoir pas la mainmise sur la décision finale en matière de recrutement. À Rennes, il avait l’habitude de disposer de moyens financiers d’une tout autre envergure pour attirer ses renforts.
En débarquant à Strasbourg à l’intersaison 2021, il était certes conscient qu’il devrait composer avec des contingences budgétaires bien plus drastiques. « Je sais où je mets les pieds », avait-il déclaré dès sa présentation, avant de le répéter à plusieurs reprises.
Mais il n’avait jamais imaginé que ces contraintes seraient aussi fortes. C’est aussi dans ce hiatus que se niche l’une des explications à son départ.
Un clash dimanche soir ?
Dimanche après l’entraînement, le Rennais de naissance, son président, le coordinateur sportif Kader Mangane, le recruteur Loïc Désiré et l’actionnaire Christian Rothacker se sont réunis.
Au cœur des discussions notamment, le cas Adrien Thomasson, convoité par Lens et dont le coach disait vendredi soir qu’il espérait qu’il resterait, en ajoutant « n’avoir aucun impact » sur le choix qui serait fait.
Le transfert possible, sinon probable, du meneur de jeu en Artois a-t-il engendré des crispations nouvelles entre le Breton et sa direction ? L’hypothèse est plausible. Elle expliquerait en tout cas que les événements se soient précipités dès le lendemain