Je ne vote pas et rédige cette petite note sans avoir lu les réponses déjà écrites. Pardon d'avance à ceux que les digression philosophiques ennuient.
"Aime ton destin" disait un vieux moustachu allemand répondant au prénom de Friedrich : l'
Amor Fati. Ne pouvons-nous pas simplement accepter notre sort, celui d'être un club moyen, parfois médiocre mais ancré dans des valeurs et une histoire qui se perdent ? A titre personnel, je préfère mille fois nos défaites tristes et l'authenticité de notre morne sort, fut-il une condamnation lente et inéluctable, à la fuite en avant happée par l'appétit des vanités, qui s'oublie et est vouée, elle aussi, aux gémonies de l'époque. Question de dignité.
Plus tard, le plus grand -pour moi- penseur du siècle qui nous a vu naître, nous appelle à être heureux comme Sysiphe, c'est à dire à pousser la pierre (de la relégation et des humiliantes défaites) encore et encore, malgré l'absurdité de l'existence (et la futilité du football). On peut accepter ce sort, s'y sentir frères, et heureux, sans consentir intérieurement.
Je ne vote pas, mais me demande comment ceux qui espèrent la reprise par une multipropriété ou un groupe/multimillionaire mû par des ambitions oxymoriques économico-sportives, peuvent ne pas y voir la mort irrévocable de ce que nous chérissons tous.
