olis57 a écrit :[
VOUS AVEZ UN MESSAGE...
Vendredi dernier, lors de la réception de Châteauroux à Saint-Symphorien, les supporters messins avaient manifesté leur mécontentement. Hier, lors de l’ultime séance d’entraînement avant un périlleux déplacement à Reims, une dizaine de membres de Génération Grenat ont déployé une banderole sur laquelle les joueurs ont pu lire ceci : « Gagner pour ne pas crever. » Un message qui n’a pas échappé à Dominique Bijotat. « Je n’aurais pas utilisé le même vocabulaire, a commenté l’entraîneur du FC Metz, mais je comprends leur désarroi. Cela dit, je ne suis pas certain que cette pression soit le meilleur moyen pour encourager son équipe. Les joueurs ont besoin d’être soutenu, pas enfoncé… »
Romain Brégerie, lui aussi, admet que les supporters « ne vont pas sauter de joie à la lecture du classement. Personne ne vient pas au stade pour s’emmerder, reconnaît le défenseur. Ils sont mécontents et ils le font savoir. Mais je nuancerais tout de même mon propos en affirmant que nous avons besoin d’un vrai soutien populaire. Que les supporters nous sifflent à la fin du match pour nous transmettre leur frustration, ok. Mais qu’ils sifflent pendant toute la rencontre, je ne suis pas d’accord. Cette attitude aurait plutôt tendance à nous enfoncer encore un peu plus. Nous n’avons pas besoin de ça. Ils savent, j’en suis persuadé, que leur soutient est très important pour nous. Mais il faudrait qu’ils le montrent tout au long d’un match. »
Il suffit de quelques phrases pour mesurer l'ampleur du décalage - devenu faille - entre les joueurs, le staff, très certainement les dirigeants et les supporters/spectateurs.
Au sortir de Metz-Châteauroux, j'avais été - comme d'autres - stupéfaits par les propos de notre capitaine emblématique, celui-là même qui erre de match en match sur la pelouse tel un ectoplasme.
Or ce matin, le voilà que deux autres personnes, dont l'entraîneur, valident peu ou prou cette même position : "on vous comprend dans les grandes largeurs mais vos mouvements d'humeur, vous devriez vous les coller derrière l'oreille parce que vous oubliez, chers prolos avinés, qu'on partage tous le même postulat de base : se défoncer corps et âme pour la survie de ce club".
Les mots ont un sens. En l'occurrence, je relis l'hallucinante évocation d'un climat délétère dans les tribunes où sifflets insultes s'empileraient de la première minute du match au coup de sifflet final alors qu'à la stupeur, n'ont répondu que de maigres mouvements d'humeur, lesquels étaient surtout balayés par une profonde tristesse dont il ne fallait pas être fin psychologue pour ressentir la profondeur. Non, vraiment, si s'en était pas à ce point tragique et révélateur que, décidément, les footeux sont quand même bien à la ramasse et ne voient pas plus loin que le bout de leur crampon (et c'est tout sauf une spécificité locale), on en sourirait presque tant la ficelle est grosse.