Bousculés par des Nantais autrement plus gaillards, les Strasbourgeois, qui avaient pourtant ouvert le score, ont concédé hier soir leur troisième défaite en six matches. Dès vendredi à Clermont, il faudra impérativement trouver la voie du succès.
Jean-Claude Darcheville (à g.) qui prend le meilleur sur Jérémie Abadie (à d.), à l'image d'une équipe strasbourgeoise prise de vitesse par les Nantais et logiquement défaite à la Beaujoire. (Photo Ouest France)
Décidément, le Racing ne parvient pas à s'extirper des sales draps dans lesquels il s'est glissé au coeur de l'été. Ce matin, la troupe de Pascal Janin n'a toujours pas gagné le moindre match et pointe à dix longueurs de Nantes, solide deuxième de Ligue 2. Mais son regard ne se porte assurément pas vers les sommets de ce championnat.
« On a pris des coups
et beaucoup subi »
Seule une meilleure attaque par rapport à Clermont lui permet d'éviter la lanterne rouge, que les Auvergnats s'empresseront de lui céder en cas de nouvel échec, ce vendredi. Oui, le Racing est en fâcheuse posture. Même si sa prestation d'hier soir à la Beaujoire laisse augurer des lendemains moins gris.
« A un moment donné, ça va marcher, ce n'est pas possible autrement », peste Steven Pelé, las de devoir quitter la pelouse la tête basse. Il est vrai que les Alsaciens ne vont pas à chaque fois tomber sur une opposition aussi relevée. Ni devoir se coltiner des funambules comme Zerka ou des buffles du genre Darcheville.
Pourtant, leurs affaires avaient bien démarré. L'ouverture du score de David Ledy, après seulement quatre minutes de jeu, a jeté un froid dans un stade prompt à ronchonner. Mais les Bleus n'ont pas su en tirer profit.
« On a été bien en place durant un quart d'heure, reconnaît Janin. Après, les Nantais nous ont poussés. Ils nous sont rentrés dedans physiquement. On a pris des coups et beaucoup subi. Je voulais de la densité dans notre moitié de terrain, je souhaitais qu'on les attende bas pour partir en contres. Ce sont eux qui sont parvenus à nous contrer. »
Le Racing est débordé sur son aile droite, là où le petit Abadie n'oppose qu'une vague résistance à Darcheville et Zerka. Le premier nommé sert le second pour l'égalisation (22e'). A partir de là, le match change d'âme. « On a mis du temps à trouver nos marques puis on a réussi à dérouler, dit Gernot Rohr, l'entraîneur nantais. Il y a du jeu, de belles actions et deux poteaux. »
Durant cette période de grosse domination, les Bleus affichent une naïveté confondante et ne répondent plus du tout dans les duels. Le penalty concédé par Pelé dans les pieds de Zerka, encore servi par le « Darche », sanctionne ces errements coupables avant la pause.
« L'aspect défensif est moins
inquiétant que notre
incapacité à créer le danger »
Offensivement, le Racing n'existe plus. Même en deuxième période, quand les Canaris deviennent moins virevoltants, l'attaque alsacienne reste atone. « L'aspect défensif est moins inquiétant que notre incapacité à créer le danger sur leur but, ajoute Janin. Sans avoir à rougir de notre production, les Nantais avaient incontestablement plus d'arguments que nous. On n'est pas assez percutants. »
Lucide et objectif, l'entraîneur du Racing devra rapidement trouver les solutions pour que ses Bleus parviennent rapidement à muscler leur jeu. Dès vendredi, à Clermont, il faudra les voir « plus tueurs », comme le réclame Pelé. Le temps presse, désormais.
Sébastien Keller