Amsalem a écrit :
C’est toujours un plaisir de te lire, et tu le sais.
Les « Ouin-Ouin » sont à mon sens pluriels. Ils ne sont pas un bloc monolithique.
T’as celui ou celle qui, dans le fond, n’en a rien à carrer de ce club et qui comble sa vie de mer** sur un forum/une page FB en balançant sa sauce, comme il pourrait le faire (et le fait sans doute) sur une page dédiée au tuning ou à la pêche à la grenade. T’as aussi celui/celle qui « aime bien » le club, mais sans plus. Généralement, tu l’entends dire qu’il est passionné, non du club, mais du football en général. Il va empiler les abonnements TV (ou si c’est la mer** dès le 9e jour du mois, ça sera devant IPTV), se vautrer devant un match de City avec son bas de jog’ du Bayern et, fort logiquement, il ne va pas être plus secoué négativement/positivement par l’issue d’un match/d’une saison du FC Metz. Par contre, t’en as qui aiment (donc sans galvauder ce terme) vraiment ce club. Après, qu’ils expriment leur déception/colère/frustration/peur sans faire montre d’une hauteur constante…
Peut-être suis-je moi-même, même si avec l’âge, tu vois les choses différemment (#viedefamille, #vietoutcourt, #onveillitbordel), parfois comme ça. De moins en moins, mais par spasmes, je t’avouerai qu’il m’arrive d’avoir envie de balancer du napalm. Pas tant quand le score n’est pas celui espéré, plutôt quand l’image ne correspond pas au son, quand j’entends ou lis des propos (de joueurs, de membres du staff, de la direction…) et que les actes ne sont pas raccords (j’aime dire que c’est comme en Amour, note la majuscule, si tu dis à quelqu’un que tu l’aimes, mais que tu tronches tout ce qui bouge, c’est bon, ftg).
En début de saison, je le reconnais, je ne faisais pas la roue. A une saison dernière, entre le blason devenu logo et la déception sportive, s’ajoutait le choix d’une direction sportive et d’un staff qui ne m’avait que peu enthousiasmé. Et puis une fois, à l’automne, j’étais allé à l’entraînement. Les résultats ne devaient pas être extras, loin de là, mais ce que j’avais vu m’avait plu. C’était simple, modeste, humble, sympathique. Je me rappelle, à la fin de l’entraînement (il n’y avait pas foule), de la connivence de Boloni avec ma petite fille. Je m’étais alors dit « On verra bien ce que ça donnera à la fin ». Et puis, dans cette saison particulière, en tout cas pour moi, puisque c’était la première fois en 30 ans de tribune, que je me barrais à 25mn de la fin, le soir d’un pathétique Metz-Guingamp, une parodie arbitrale comme jamais vue, j’ai peu à peu constaté que cette équipe, elle ne marcherait jamais sur l’eau, elle aura toujours des insuffisances, mais qu’elle était tout simplement…une vraie équipe.
On apprend aux étudiants (je présume qu’on le fait encore maintenant) en Droit 1ère année, que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers. Depuis cet automne et cet entraînement nimbé d’un temps dégueulasse, j’ai pu observer, constater, vérifier qu’entre les paroles et les actes, ceux où l’on parle d’une même voix, d’un esprit de corps, et la réalité, on y était. Et, encore une fois, pour moi, au-delà de ce qui se passera vendredi soir, c’est l’essentiel.
Encore hier soir, mes partenaires de vestiaire ont essayé de me faire dire que si l’on ne montait pas, ça serait la mer**, que je serais bien deg’. Je leur ai répondu par la négative, sans chercher le contrepied. C’est vrai. Contrairement à nombre de personnes, je suis assez détendu. Peut-être est-ce parce que je suis dans l’anticipation négative d’un avenir incertain, peut-être que celle-ci se rappelle notre propension à avoir le doigt sur le bouton de l’ascenseur, peut-être que la direction actuelle n’emporte pas mon satisfecit. Ou alors, peut-être aussi parce que pour moi, il y a désormais bien plus essentiel que d’évoluer en L1 ou en L2.
Je sais, c’est pas très ambitieux, mais mon ambition est autre. Quand tu prends de l’âge (#quadrarules), que t’as des enfants, que tu les emmènes au stade, quand tu vois les belles émotions que tu lis sur leurs visages quand on gagne, et à la limite, ils s’en foutent que ça soit contre l’OM ou Carquefou, ça vaut toutes les montées. Parce qu’on n'est plus dans le cadre purement sportif, on parle de leg, de don, de transmission d’un patrimoine, historique, culturel, parfois cultuel, culinaire...On parle de fierté de savoir qui l'on est, d'où l'on vient, non pour se replier sur nous-mêmes, mais, au contraire, pour mieux s'ouvrir à l'altérité. Nous sommes lorrains, nous sommes mosellans, nous sommes messins, que l'on habite au pays du fer ou du charbon, que l'on vienne du pays de Bitche, peu importe, on a tous ce lien en nous et il faut le cultiver.
Je me rapproche plus de ce texte que de celui d'ambroise et notamment sur le dernier paragraphe