Capitaine Fracasse a écrit :
nerolf55 a écrit :
Décidément, cette nouvelle réglementation du 1er juin semble bien embêtante (pour être poli) à arbitrer...
Pas que cette règle.
Mais une partie des opposants de la VAR avant qu'elle ne soit mise en place et qui étaient alors considérés par beaucoup comme des rétrogrades, l'avaient parfaitement compris.
Quand l'arbitre était seul ou assisté par des hommes au bord du terrain seulement, il pouvait commettre des erreurs mais il y avait la règle pure et l'esprit de la règle, qu'il pouvait ressentir au coeur du jeu.
A partir du moment où tu mets la VAR, on voit déjà que cela ne règle pas toutes les erreurs mais en plus, il n'y a plus que la règle pure... et l'esprit de la règle disparaît totalement. L'arbitrage à la machine.
La gardienne écossaise fait un petit bond de cabri avant le tir et se retrouve ses deux pieds au sol 50 cm devant la ligne au moment du tir, et c'est elle qui arrête le tir. Dans la règle il y a clairement erreur, et en plus on peut imaginer qu'elle a profité de son avancée.
Par contre, la gardienne nigériane contre la France a son talon 3 cm devant la ligne sur le raté de Wendy Renard. Mais que fait le gardien sur un penalty, il regarde le ballon et pas ses pieds heureusement, c'est impossible à contrôler à 100%. La gardienne nigériane ne tire aucun avantage ni désavantage dans son mouvement et dans l'esprit... le penalty n'est pas à retirer, C'est Wendy Renard qui le rate.
Mais dans ce deuxième cas, avec la VAR, 3 cm ou 50 cm, c'est pareil, et c'est la règle qui va s'appliquer, sans intervention du cerveau de l'arbitre qui n'a plus le droit d'interpréter autrement. Parce que sinon (et on va y arriver bientôt), il y aura faute technique et match à rejouer...
C'est la même chose sur les contacts. Prenons le penalty sifflé pour les brésiliennes contre l'Italie. Une brésilienne perce la défense et le ballon rentre dans la surface. La DC italienne se met dans le sens de la course et vient s'interposer entre l'attaquante et le ballon, pour l'accompagner en 6m. La brésilienne percute l'italienne par derrière et tombe, penalty sifflé. Et encore mieux, la VAR ne modifie pas le jugement. Ben oui, sur le ralenti il y a un contact et la brésilienne tombe. On va me soupçonner, mais sur l'Equipe21 les 5 chroniqueurs en voyant les images ont eu la même réaction : "il est où le penalty là ?", et pourtant il a été sifflé, tiré et marqué, y compris avec intervention VAR.
Sur les hors jeu, on avait décidé il y a 10/15 ans, dans l'esprit du jeu, que si cela se jouait à quelques centimètres, que cela n'était pas dans un contact attaquant/défenseur, il fallait laisser l'avantage à l'attaquant et le juge de ligne ne devait pas lever le drapeau.
Et là, Coupe du Monde féminine ou Euro Espoir, que voit-on ? On te justifie des hors jeu de 4 ou 5 cm pour un attaquant au bord de la touche par rapport à un défenseur dans le rond central, en se basant sur des traits et des lignes tracés sur des images, dont on n'est au passage pas certains de l'absolu parallélisme ou d'une parfaite perpendicularité, qui plus est sur un terrain pas forcément parfaitement plat, et on décrète que le but n'est pas valable sur cette seule image, mais était-elle exactement au départ du ballon d'ailleurs...
Pourquoi ? Parce qu'une image même fausse comptera désormais plus que l'esprit du jeu. Et parce qu'on met l'arbitre dans l'impossibilité de dire : "OK je vois l'image, mais même si elle me dit qu'il y aurait éventuellement hors jeu de 4 ou 5 cm, je n'en suis pas sûr et que je dois donc considérer devoir laisser le doute favorable à l'attaquant..."