Handball division 1 féminine
Metz n’a plus le temps

Camille Ayglon et Isabelle Wendling chercheront à se rassurer face à Arvor. Photo Pascal BROCARD
A trois semaines de l’ouverture de la Ligue des Champions, Metz ne peut plus s’offrir le luxe de tergiverser. La réception d’Arvor, modeste sparring-partner du championnat, devrait permettre d’y voir plus clair.
Dans le coin gauche, seize titres de champion de France à la pesée, un statut de leader inamovible du championnat de France et une constellation d’internationales. Dans le coin droit, un pensionnaire éphémère de la Ligue féminine de handball, aucun titre à son actif mais une âme de guerrier breton. Metz-Arvor, donc, où la guerre des mondes version David et Goliath.
Seulement voilà, le champion sortant se produira ce soir sur le ring des Arènes l’âme tourmentée et des bleus au visage. Le KO cinglant administré par Nîmes lors de la dernière journée (21-17) a très certainement entamé le capital confiance des Messines. Alors qu’en face, l’énergie du désespoir, matière première qui alimente le moteur de tout outsider, pourrait s’avérer extrêmement dangereuse. « Je n’ose imaginer qu’un entraîneur qui vient du handball masculin (Laurent Bezeau) se présente avec une équipe battue d’avance », note Bertrand François.
Certes, mais quelles que soient les vertus morales affichées par les Bretonnes, l’écart en terme de valeur intrinsèque des deux formations penchera nettement en faveur des Mosellanes. Si l’on se plaçait dans la peau d’un bookmaker, les paris porteraient davantage sur la feuille de statistiques finales : pourcentage de réussite au tir, ballons perdus, arrêt des gardiennes… En somme, tout ce qui pourrait traduire le renouveau (ou pas) d’un champion tourmenté.
Nul doute que Bertrand François tiendra pour sa part à humaniser ces chiffres, à leur donner corps : « Bien sûr, il faut avant toute chose gagner ce match. Mais mes attentes se portent aussi dans l’esprit d’entreprise qui habitera l’équipe. On doit retrouver cet esprit combattant qui nous animait à Toulon en ouverture du championnat. »
« Le bon côté des choses »
Seulement les vœux du technicien s’accorderont-ils à la valeur actuelle de son groupe ? L’aréopage messin tablait sur la coupure internationale pour se refaire une santé, tant morale que physique.
Hélas, un énième coup du sort s’est abattu sur les troupes avec la maladie soudaine de Svetlana Ognjenovic ( lire par ailleurs). Quant aux cinq internationales, parties quérir la semaine dernière au Danemark un brin de bien-être, l’expérience s’est révélée pour le moins mitigée. Trois matches, trois défaites et des performances moroses des Messines sous le commandement d’Olivier Krumboltz parachèvent le spleen latent palpable sur les bords de la Moselle : « On peut aussi voir le bon côté des choses, se rassure Bertrand François. Camille Ayglon avait besoin de s’entraîner et d’évoluer dans un contexte international. Avec la World Cup, c’est chose faite. De toute manière, deux possibilités s’offrent à nous : soit on se morfond sur nos malheurs, soit nous réagissons. A trois semaines de l’ouverture de la Ligue des Champions, nous ne pouvons plus tergiverser. »
La réception de Krim Ljubljana se précise en effet. Et comme le consent Lenka Kysucanova, « à l’heure actuelle, nous sommes loin d’être au point pour évoluer sur la scène européenne. » Autant dire qu’il ne faudrait surtout pas mésestimer la réception des Finistériennes. L’avenir se construit au présent pour les Messines, quelle que soit la valeur du sparring-partner…
Jean-Michel CAVALLI.
Metz - Arvor
20 h aux Arènes
Source : RL