Un accouchement aux forceps
Où l'on se Berce d'illusion...
Lorsque, sur le bord du terrain, la voix nasillarde du speaker annonce la compo de l'équipe, je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire de satisfaction. Je le tiens enfin mon 4-4-2 de légende, avec la jeunesse enthousiasmante et les feux d'artifices qui vont avec, j'ai dans les yeux autant que dans le cœur les montées de Bussmann au championnat d'Europe, je vois déjà mon Mario Mutsch s'épuiser dans des cavalcades effrénées. Et py Diaz et Cassan vont mettre le feu et Sakho en loco et Bourgeois en bourgeon et...
Le 4-4-2 sauce au bleu (de chauffe)
Le temps de m'assoir sur mes illusions, le match débute.
Et très vite je comprends.
Pour les cavalcades ce sera à Carnaval, et le feux d'artifice pour la fête de la mirabelle.
Parce que le père Bijotat, ben il a les foies. Il veut tellement pas le perdre ce match qu'il met en place un système de jeu à mi chemin entre la ligne maginot et Verdun, façon Securitas: "
dormez tranquille on veille sur vous" Et comme on en n'est pas à une escroquerie près, le 4-4-2 de rêve se transforme en cauchemar de tranchées avec les messins dans le rôle des poilus et les vannetais dans celui des poêlés.
En clair quatre défenseurs à plat, charniere Bregerie-Fallou et il a bien fallou que ça tienne, et deux arrières latéraux dont la consigne express était: "on ne chevauche pas son aile!".
Les deux récupérateurs en avant poste de la défense à courir après le fantôme de Julien François, et quatre joueurs en attaque dont les milieux axiaux sommés de se replier dès que Vannes remuait le moindre orteil au contact de la balle.
Donc on a joué , en phase défensive, en 6-4 et en phase offensive dans une espèce de 4+2-2+2 qui au fond égalait à 6-4.
J'imagine assez bien le discours d'avant match:
"No passaran"!
Circulez? Y a rien à voir...
Dès lors dans ce contexte là, ce système conçu par essence pour ne pas perdre allait nous permettre de gagner. Au royaume des paradoxes les borgnes messins sont rois. Et chanceux. Car il faut être honnête, ce match aurait dû se conclure sur un score nul, il était tout entier voué au 0-0 de l'espoir, il a fallu que Diaz bousculé dévie plus qu'il ne frappe la balle qui heurte le poteau et entre pour que nous puissions décanter une première mi-temps de labours.
Car le soucis avec le système de la peur, c'est qu'on a choisi (?) de subir. le repli en bloc, les 6 joueurs naturels en zone défensive, le peu d'espace entre les lignes, ben pour construire le jeu faut s'appeler Barça et causer l'espagnol. Faut aligner les passes courtes, le jeu en appui et en triangle, faut enrhumer les défenses et projeter tout un bloc équipe vers l'attaque.
Nous on enrhume pas. On est plutôt grippés.
Du coup les six de la défense avaient plutôt tendance à balancer aux 4 de l'attaque des balles en hauteur (tiens Gestede jouait pas?) dont la trajectoire sifflait dans le ciel nocturne de St Symphorien: "démerdeeeeeeez vous!". Car pour construire, faut d'abord faire circuler le ballon et pour faire circuler faut pouvoir dribbler et pour dribbler faut maitrise technique qu'on n'a pas (encore diront les optimistes -et jamais -dira Henrik Larsson).
Or donc, lorsque Diaz accomplit le miracle sur la quasi seule montée de Mutsch en première mi temps, on se dit que la deuxième va enfin permettre les jaillissements assassins en contre et qu'on va se goinfrer...
Remember Alamo
Je sais pas si une équipe est née hier soir, ce que je sais c'est que la solidarité, à défaut de la cohésion s'est soudée dans une défense qu'on peut qualifier d'héroïque. Le bloc a continué de défendre bas mais densément, les lignes sont restées serrées, il y a eu certes des défauts de rouages, du déchet techniques et une propension a rater les occasions en contre, mais on savait que le plus dur était fait, et il a fallu un geste déterminant de Delle pour écœurer les bretons bredouilles. Si Bussmann et l'insolence de ses 19 ans se sont montré moins fringants en seconde mi temps, l'obstination de Mutsch a repiquer au centre en portant la balle a montré que mobylette, ben ça rime pas avec jugeote, tous les poètes vous le diront.
Au final on a gagné. Dans la douleur mais dans l'obstination nouvelle. Et franchement, les gamins avaient la grinta, Bregerie a bien merdé deux ou trois fois mais ce coup ci ses potes de la défense étaient au rendez vous, appliqués, concernés et au final solidaires. Delle a montré que le passé appartient à l'avenir, Diagne qu'il savait s'imposer, que Koulibaly c'est du costaud, Bussmann du prometteur quand il aura musclé son jeu (^^)et Mutsch où qu'on le mette, ce gars là mouille le maillot.
Le paradoxe c'est qu'on aura moins vu et Fleurival et Guerriero. Pas étonnant. Nous deux brutes de service ont joué dans Expendable.
C'est à dire les sacrifiés. Trop repliés et trop absorbés à faucher du vannetais ils ne pouvaient pas en plus récupérer et construire en appui sur les milieux axiaux.
Diaz et Cassan, pour leur part ont eu la tâche la plus délicate, porter la balle, quand ils le pouvaient, sur le coté et déborder ou centrer ou parfois quand c'était Noël les deux en même temps. Diaz est resté dans ligne de ses prestations précédentes. Cassan a mis un peu plus de temps pour émerger faut dire qu'il débute et que le schéma de jeu était un impitoyable révélateur du niveau technique d'un joueur. Au final on aura relativement peu pesé sur les cotés et essentiellement balancé vers l'avant.
L'affaire Sakho et Vanzetti :siffle:
L'attaque. La grande muette du FC Metz. On a vu hier soir les trois attaquants de Metz à l'œuvre. Celui qui m'a plu c'est le petit Nicolas Sakho-zy

. Blague à part, ce gars là m'a impressionné par sa combativité, sa débauche d'énergie, son abnégation. Il aurait mérité un but, sincèrement.
Bourgeois, c'est l'énigme. On m'a rapporté les propos de Perrin sur Radio France Bleue lorraine Nord, selon lesquels ils digérait mal une préparation lourde en foncier, et qu'il serait meilleur en septembre. C'est possible, je lui souhaite. Il a donné une magnifique passe dans le timing à Sakho, en seconde mi temps juste avant sa sortie .
Gestede, il est bon de la tête.

. Il est lent en reprise de dribble mais précieux en attaque sur les centres. S'il prend confiance (en marquant) s'il devient un peu plus tonique, ce gars là fera mal.
Mais il faut être lucide, malgré toutes ces bonnes volontés, le secteur offensif est à Metz le secteur le plus préoccupant.