Le pire des scénarios
Gros coup dur, hier, pour le Racing. La DNCG a refusé de qualifier les six recrues encore en attente d'homologation. Jusqu'en janvier, Laurent Fournier va devoir composer avec un groupe pro réduit à la portion congrue.
Jérémy Abadie - au premier plan - ne pourra pas jouer pour le Racing. Ainsi en a décidé la DNCG, qui n'a homologué aucun des contrats des joueurs en attente... (Photo DNA - Cédric Joubert)
La nouvelle a ressemblé à un véritable coup de massue, hier, sur le coup des 16h. Elle est arrivée via un communiqué, posté sur le site internet de la Fédération Française de Football.
Laconique, ce compte-rendu indiquait simplement que « l'avis défavorable sur les contrats et avenants était confirmé » pour le Racing Club de Strasbourg, Besançon et Le Mans.
« Je pensais qu'il y aurait un ou deux joueurs qualifiés »
En résumé, cela signifie qu'aucune des recrues encore en attente ne va pouvoir jouer pour le Racing, la masse salariale du club alsacien ne devant en aucun cas augmenter.
Cela signifie aussi que la vente de Mamadou Bah et le prêt de Quentin Othon n'auront, in fine, servi à rien, ou presque. Car les six joueurs encore en attente (*) ne pourront pas fouler la pelouse de la Meinau avant le mois de janvier.. au mieux.
« C'est très décevant, souligne Laurent Fournier, touché par cette énième mauvaise nouvelle. Décevant pour le club, pour notre objectif de remonter, mais surtout pour les gars qu'on prive de contrats ».
« Je pensais qu'il y aurait deux ou trois joueurs qualifiés. J'ai vu le budget du Racing, il y a eu des départs et franchement, la DNCG aurait pu faire un effort. Mais visiblement, à la FFF, ils sont bornés. Je me demande s'ils n'en veulent pas au club », ajoute encore l'entraîneur alsacien.
Même son de cloche - et ce n'est pas une surprise - du côté de Jérémy Abadie. Le défenseur formé au Racing, qui a disputé l'an passé quelques rencontres de Ligue 2 sous les couleurs Ciel et Blanc, avait d'ailleurs encore « du mal à réaliser » la portée de cette - très mauvaise - nouvelle.
« Je suis très déçu par cette décision. Il y avait un nouvel entraîneur, un nouveau groupe... Tout se passait bien, je m'entraînais depuis juin sans soucis. Franchement, j'y croyais. Je pensais que ça allait passer », souligne encore le jeune joueur.
Avant d'ajouter : « Et là je ne pense pas qu'à moi, je pense aussi aux autres, à Marcio, à Bill... On continuait à bosser ensemble et à s'entraîner quand les autres partaient au match ».
Las, Abadie, comme Marcio, Betsch, Tchato, Eyenga et Ahéyou, n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Car tous sont désormais officiellement libres... et chômeurs. Voire pire, puisque Yohan Betsch, blessé, se retrouve sans contrat avec un genou à soigner.
« J'espère que le club ne va pas lâcher les joueurs, espère toutefois Laurent Fournier, qui souhaiterait visiblement conserver ses recrues. Maintenant, il va falloir être solidaire jusqu'en janvier et se battre avec nos armes ».
Malheureusement, c'est bien là que le bât blesse. Et l'entraîneur alsacien, qui « bricole » depuis le début de championnat, ne le sait que trop bien.
« Si on n'a pas de pépins »
Avec 17 pros sous contrat (voir encadré), dont trois actuellement sur le flanc, ses « armes » semblent un peu tendres. « Si on n'a pas de pépins, ça ira jusqu'en décembre. Mais il va falloir faire attention aux jeunes comme Damour et Peuget, pour ne pas les cramer. Et il faudra aussi faire gaffe aux suspensions et aux blessures », précise encore Laurent Fournier.
Sacré challenge en perspective, puisque d'ici au mercato d'hiver, le Racing a quand même la bagatelle de... 17 rencontres à disputer.
Or avec quatre défenseurs et un seul milieu récupérateur, le coach n'a aucune marge de manoeuvre. Et devra, quoi qu'il arrive, faire appel à des joueurs de CFA 2 pour compléter son groupe jusqu'au déplacement à Bayonne, le 22 décembre prochain.
« Certains viendront au coup par coup, précise à ce sujet Laurent Fournier. De toutes façons, c'est la seule solution désormais : s'appuyer sur la formation et serrer les rangs. Il faut faire en sorte que d'ici décembre on soit encore dans la course ».
Pas simple, pour ne pas dire impossible. Reste, toutefois, un dernier espoir nommé CNOSF (**). Cette instance d'appel suprême a été saisie par le Racing dès hier pour tenter d'inverser la vapeur. Mais la bataille s'annonce longue et les chances que le CNOSF invalide la décision de la DNCG sont plutôt minces.
« J'espère que le CNOSF sera plus humain, souligne à ce propos Laurent Fournier, parce que quand on voit le nombre de chômeurs dans le foot, laisser encore six mecs sur le carreau, franchement... »
En attendant, le Racing va devoir se résigner : la montée en Ligue 2, malgré les promesses et les belles intentions affichées en juin, risque fort d'être désormais une mission impossible en cette saison 2010/2011.
« Se battre contre les instances »
Même si Laurent Fournier souligne qu'il aime « la difficulté » tout comme il aime « se battre contre les instances », on voit mal, en effet, comment le Racing pourrait se relever d'une telle déconvenue.
Jean-Claude Plessis, muet hier, doit tenir ce matin une conférence de presse pour donner son point de vue sur la situation du club. Pas sûr que cela suffise à régler le problème. Pas sûr du tout, même...
Barbara Schuster
(*) Jérémie Abadie, Marcio, Bill Tchato, Anicet Eyenga, Jocelyn Ahéyou, Yohan Betsch. Eric Nyatchou Ndema, peut, pour sa part, éventuellement signer comme stagiaire (**) Comité national olympique et sportif français