Amsalem a écrit :
Le Père Noël n’est pas encore passé.
Par contre, en plus des chaussettes à la C** made in US accrochées à la cheminée, le gros bonhomme rouge et blanc ne pourra pas dire que les mômes messins n’ont pas décoré le sapin.
Evidemment, celui-ci, c’est pas du premier choix, il tire un peu la gueule, t’as l’impression d’une niaiserie (ouais, je regarde, j’avoue) sur Netflix où le père, peu dans l’esprit de Noël, se réveille par magie (de Noël, donc) sur le tard et ne trouve plus qu’un arbre en fin de vie.
Certains ont des arbres qui ont toujours la même allure, tu croirais que c’est du Line Renaud.
Le nôtre, il a été coupé à Tchernobyl, un peu à la chie-dedans, mais finalement, il fait son office.
C’est vrai, tu te dis que pour entonner « Mon beau sapin », vaut mieux s’être mis une mine au vin chaud. C’est plus Tino Rosé que Tino Rossi.
Par contre, les boules, c’est clairement toute la famille qui les a posées sur le sapin. A l’ancienne.
Bon, t’avais pas les cookies et le verre de lait comme l’année passée, quand un mec qui avait prévu un message - avec une faute – en anglais m’avait fait vivre des instants suspendus, mais l’essentiel y est : du courage, de l’abnégation, des moments parfois héroïques comme sur ce sauvetage où, par notre écrans interposés, on a toutes et tous un peu participé au miracle (de Noël, t’as compris le truc).
Lui à se lever, à poser sa bière en travers de l’écran en gueulant sur le clébard, le gosse qui fait ch*** à passer alorsquepapaluiilfaitdestrucsimportantsbordelKevindégage, elle son chiffon (bronca – justifiée - dans la salle, on entend des « Vas-y ftg sale fdp ») qu’elle balance contre la TV.
La parole peut tromper, le corps plus difficilement.
Et là, comme face à Lorient, comme disent les djeuns, je les ai sentis déter.
Pas à mettre le traineau au milieu des buts de Caillard, à jouer les victimes s’en allant gaiement expier la merdasse qui colle aux bottes lyonnaises depuis des semaines. Pas du genre à bouffer la dinde dans la cuisine, comme papy et mamie, alors que la bande à Aulas se remplirait la panse dans le salon.
Non, on a posé les boules sagement sur le sapin et il est hors de question de se faire ramoner la cheminée par un club qui a des cornes.
Le Père Noël n’est pas passé. Pas encore.
Peut-être nous apportera-t-il un ou deux joueurs qui participeront à exaucer notre souhait d’un maintien dans quelques mois. En tout cas, ce que j’ai vu ce soir, dans les regards qui se croisent, les attitudes qui participent d’un même flux qui (enfin) fait chaud au cœur, dans cette envie de se mettre (ensemble) minable, c’est déjà une promesse, sans doute encore fragile : on se prendra encore des bûches, tu le sais, je le sais, on le sait, mais si l'on doit mourir, on le fera la scie à la main.
Et comme tout film de Noël, notre histoire de ce soir se termine en chanson.
Pas de douce nuit, mais un sonore...« Lutin de Nancéien ! ».
Rien à dire, c'est du grand art.
Joyeux Noël
