Re: Maintenant, vous allez les poser sur la table !
Publié : 16 janv. 2022, 18:55
La semaine dernière, au sortir de la défaite face à Strasbourg, je n’avais pas envie de sortir la Famas et de défourailler l’ambulance.
Le stade avait sonné creux, le terrain était dégueulasse, les manques trop criants et, surtout, le dépit m’avait découragé de prendre le clavier. C’était préférable.
Ce soir, c’est plus facile, plus léger, sous couvert de joie, il y a comme une impression d’un soulagement profond, de ceux que tu ressens quand tu te dis que t’es pas encore six pieds sous terre à taper la parlotte avec les vers. T’as le droit à l’espérance.
Ici, on doit être quand même nombreux à être parent.
Quand j’ai vu la composition, avec ce chiffre « 13 » qui claquait de partout, et pourtant je ne suis absolument pas superstitieux, comme autant d’absents, c’est c**, mais j’ai pensé en (jeune, hein, j’insiste) Papa. Bertolt Brecht disait que « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas à déjà perdu ». C’est ce que – avec toutes les conneries que je peux faire et dire – j’essaie de faire avec mes enfants, peut-être que vous êtes dans le même truc. J’aime beaucoup la philosophie du « Fais ce que tu peux », souvent en dissonance avec une société du résultat, où l’effort et la prise de risques ne sont valorisés qu’en cas de résultat positif. C’est pas ma tasse de thé, je préfère largement les vertus de l’échec comme fondations que les yakafoke. Cela participe à rendre la vie moins rude, plus aérienne.
Quand j’ai vu ces jeunes tout à l’heure, quand j’ai eu envie de me prendre un Xanax à la sortie sur blessure de Kana-Biyik, quand le p’tit Lacroix est rentré, lui qui peine/peinait en N2, je n’ai plus eu alors qu’une seule espérance : que lui-aussi fasse de son mieux, juste ça, qu’il se mette raccord avec ses partenaires, qu’il enfile le bleu de chauffe, sorte la boîte à outils et envoie du besogneux.
S’il devait foirer son interception, rater une passe courte ou oublier un rémois dans son dos, si je voyais/sentais qu’il se donnait à hauteur de son cœur, alors ça le ferait, au-delà de l’issue.
Et vous voyez, peut-être que ce n’est qu’un feu de paille, peut-être que ces mêmes jeunes, les Lacroix, Yade, M’bengue, Traore, et j’en oublie, passeront au travers dès le week-end prochain, mais là, à 18h50, je suis simplement content parce qu’ils m’ont offert une belle tranche d’humanité.
Tout n’a pas été parfait, on aurait pu/dû en claquer un deuxième, s’offrir une fin de match sans Immodium, mais je laisse à d’autres le soin de pointer les manques. La pédagogie, c’est l’art de la répétition. Nul doute que les sachants sauront leur répéter ce qu’ils ont encore à apprendre pour devenir des footballeurs professionnels qui dureront.
Là, j’ai juste envie de rendre hommage à cette envie de tenter, d’essayer, cette volonté de « faire ce qu’on peut, tout ce qu’on peut », dans nos limites, nos hésitations, nos carences. Je sais qu’ici, il y en a qui aiment à scruter les visages, les corps, tout ce langage non verbal qui fait le sel des rapports humains. C’est peut-être plus aisé à relever dans la victoire, mais dès les premières minutes, j’ai vu des regards qui ne trompent pas, des joueurs se parler, échanger, pas seulement à une passe à 3 mètres, s’haranguer parfois, s’encourager beaucoup.
Alors ouais, on n’a pas gagné la guerre, loin de là, peut-être que dès le prochain week-end, l'on verra moins de "jolies choses", mais moi, cueillant l'instant, quand je vois ça, à cet instant, c’est c**, mais ça me fait juste du bien.
Le stade avait sonné creux, le terrain était dégueulasse, les manques trop criants et, surtout, le dépit m’avait découragé de prendre le clavier. C’était préférable.
Ce soir, c’est plus facile, plus léger, sous couvert de joie, il y a comme une impression d’un soulagement profond, de ceux que tu ressens quand tu te dis que t’es pas encore six pieds sous terre à taper la parlotte avec les vers. T’as le droit à l’espérance.
Ici, on doit être quand même nombreux à être parent.
Quand j’ai vu la composition, avec ce chiffre « 13 » qui claquait de partout, et pourtant je ne suis absolument pas superstitieux, comme autant d’absents, c’est c**, mais j’ai pensé en (jeune, hein, j’insiste) Papa. Bertolt Brecht disait que « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas à déjà perdu ». C’est ce que – avec toutes les conneries que je peux faire et dire – j’essaie de faire avec mes enfants, peut-être que vous êtes dans le même truc. J’aime beaucoup la philosophie du « Fais ce que tu peux », souvent en dissonance avec une société du résultat, où l’effort et la prise de risques ne sont valorisés qu’en cas de résultat positif. C’est pas ma tasse de thé, je préfère largement les vertus de l’échec comme fondations que les yakafoke. Cela participe à rendre la vie moins rude, plus aérienne.
Quand j’ai vu ces jeunes tout à l’heure, quand j’ai eu envie de me prendre un Xanax à la sortie sur blessure de Kana-Biyik, quand le p’tit Lacroix est rentré, lui qui peine/peinait en N2, je n’ai plus eu alors qu’une seule espérance : que lui-aussi fasse de son mieux, juste ça, qu’il se mette raccord avec ses partenaires, qu’il enfile le bleu de chauffe, sorte la boîte à outils et envoie du besogneux.
S’il devait foirer son interception, rater une passe courte ou oublier un rémois dans son dos, si je voyais/sentais qu’il se donnait à hauteur de son cœur, alors ça le ferait, au-delà de l’issue.
Et vous voyez, peut-être que ce n’est qu’un feu de paille, peut-être que ces mêmes jeunes, les Lacroix, Yade, M’bengue, Traore, et j’en oublie, passeront au travers dès le week-end prochain, mais là, à 18h50, je suis simplement content parce qu’ils m’ont offert une belle tranche d’humanité.
Tout n’a pas été parfait, on aurait pu/dû en claquer un deuxième, s’offrir une fin de match sans Immodium, mais je laisse à d’autres le soin de pointer les manques. La pédagogie, c’est l’art de la répétition. Nul doute que les sachants sauront leur répéter ce qu’ils ont encore à apprendre pour devenir des footballeurs professionnels qui dureront.
Là, j’ai juste envie de rendre hommage à cette envie de tenter, d’essayer, cette volonté de « faire ce qu’on peut, tout ce qu’on peut », dans nos limites, nos hésitations, nos carences. Je sais qu’ici, il y en a qui aiment à scruter les visages, les corps, tout ce langage non verbal qui fait le sel des rapports humains. C’est peut-être plus aisé à relever dans la victoire, mais dès les premières minutes, j’ai vu des regards qui ne trompent pas, des joueurs se parler, échanger, pas seulement à une passe à 3 mètres, s’haranguer parfois, s’encourager beaucoup.
Alors ouais, on n’a pas gagné la guerre, loin de là, peut-être que dès le prochain week-end, l'on verra moins de "jolies choses", mais moi, cueillant l'instant, quand je vois ça, à cet instant, c’est c**, mais ça me fait juste du bien.