RL 24/01 :Metz réécrit l’histoire
Publié : 24 janv. 2011, 06:54
Metz réécrit l’histoire
Grâce à un but de Yeni N’Gbakoto, le FC Metz s’est imposé face à une équipe sedanaise qui n’avait plus connu le goût de la défaite depuis le 11 septembre 2009. Photo Pascal BROCARD
Un Metz au cuir épais à pris le dessus, hier, sur Sedan, leader de Ligue 2. Les hommes de Dominique Bijotat poursuivent l’aventure dans une Coupe de France plus ouverte que jamais.
Une explosion de joie, un tonnerre d’applaudissements et des scènes de franches accolades : au coup de sifflet final, l’aréopage messin avait conscience de la teneur de cette qualification en huitième de finale de Coupe de France : « C’est une sacrée performance », cri du cœur de Dominique Bijotat, d’ordinaire économe en superlatifs. Une sacrée performance à plus d’un titre.
De nos envoyés spéciaux à Sedan
Hier, dans le très cosy stade Louis-Dugauguez promis la saison prochaine à de chaudes soirées de Ligue 1, les Messins se sont offerts le scalp d’un leader respecté de la Ligue 2, « sans doute l’équipe qui pratique le plus beau football du championnat », témoigne Romain Brégerie. Et, accessoirement, ils ont exhumé un sentiment porté disparu depuis plus d’une saison dans les Ardennes : l’amertume née de la défaite. La dernière consentie à domicile par les hommes du président Urano remontait au 11 septembre 2009. Cette éternité a pris fin.
« Si la Coupe de France a choisi Metz, c’est qu’il le méritait plus que nous », philosophait Landry Chauvin dans l’intimité des vestiaires. Ce mérite porte plusieurs attributs : une solidité défensive de nature à éteindre l’attaque la plus prolifique du championnat et une force collective capable de surmonter une adversité hostile. Metz, « guidé par des valeurs de cœur », dixit le nouveau venu Kehli, a su patiemment attendre son heure durant ce seizième de finales.
La nature joueuse des partenaires de Jérôme Lemoigne n’a pas troublé les Mosellans dans leurs certitudes. Ni la tête d’Allart, consécutive à une des rares fautes de main de M’Fa (28 e), ni même celle de Guerriero, échouée accidentellement sur la transversale de son gardien (6 e), n’ont fissuré un édifice solide. Au contraire, conformément au précepte véhiculé par leur entraîneur – « chercher de la profondeur » – ce sont les visiteurs qui se sont procuré l’ivresse d’une ouverture du score réconfortante. Cette dernière est intervenue suite à un centre anodin de Diagne. La malice et l’explosivité de N’Gbakoto se régalaient de la passivité de l’arrière-garde ardennaise. D’un plat du pied décroisé, le service du Sénégalais se convertissait en une passe décisive (43 e).
Ligne de front repoussée
Le coup de tonnerre consécutif à cette frappe de mule d’Oliveira à la reprise symbolisera, au final, toute la frustration ardennaise (49 e). La transversale, ultime rempart à ce rêve prenant corps dans le camp messin, faisait alors office de providence. La promesse d’un pilonnage en règle du but défendu par le suppléant de Joris Delle était écrite. Ce siège a bien eu lieu. Mais il n’a pas endigué le flot de bonnes intentions des Mosellans. L’acharnement de Mathieu Duhamel et son souci du harcèlement ont délivré quelques bouffées d’oxygène salvatrices au cœur du second acte. Le travail de sape de Diagne, les velléités offensives de Cheick Gueye, matérialisées par ce face-à-face perdu face à Costil (56 e), ont inexorablement repoussé la ligne de front ardennaise. Enfin, l’assurance déconcertante d’Anthony M’Fa a préservé ce fragile avantage messin. Surtout après les entrées en jeu tardives de Nicolas Fauvergue et Lossemy Karaboué, dynamiteurs en chef d’un épilogue suintant le souffre.
Metz poursuit donc encore cette muse épuisante qu’est la Coupe de France. Bien sûr, cette aventure ne supplantera pas l’intérêt majeur que constitue le championnat. Mais l’exaltation née de cette compétition « ne pourra que susciter de l’excitation à l’intérieur d’un groupe plein de vie », note Dominique Bijotat. Peut-être le signe de jours heureux…
Jean-Michel CAVALLI.
Publié le 24/01/2011
Grâce à un but de Yeni N’Gbakoto, le FC Metz s’est imposé face à une équipe sedanaise qui n’avait plus connu le goût de la défaite depuis le 11 septembre 2009. Photo Pascal BROCARD
Un Metz au cuir épais à pris le dessus, hier, sur Sedan, leader de Ligue 2. Les hommes de Dominique Bijotat poursuivent l’aventure dans une Coupe de France plus ouverte que jamais.
Une explosion de joie, un tonnerre d’applaudissements et des scènes de franches accolades : au coup de sifflet final, l’aréopage messin avait conscience de la teneur de cette qualification en huitième de finale de Coupe de France : « C’est une sacrée performance », cri du cœur de Dominique Bijotat, d’ordinaire économe en superlatifs. Une sacrée performance à plus d’un titre.
De nos envoyés spéciaux à Sedan
Hier, dans le très cosy stade Louis-Dugauguez promis la saison prochaine à de chaudes soirées de Ligue 1, les Messins se sont offerts le scalp d’un leader respecté de la Ligue 2, « sans doute l’équipe qui pratique le plus beau football du championnat », témoigne Romain Brégerie. Et, accessoirement, ils ont exhumé un sentiment porté disparu depuis plus d’une saison dans les Ardennes : l’amertume née de la défaite. La dernière consentie à domicile par les hommes du président Urano remontait au 11 septembre 2009. Cette éternité a pris fin.
« Si la Coupe de France a choisi Metz, c’est qu’il le méritait plus que nous », philosophait Landry Chauvin dans l’intimité des vestiaires. Ce mérite porte plusieurs attributs : une solidité défensive de nature à éteindre l’attaque la plus prolifique du championnat et une force collective capable de surmonter une adversité hostile. Metz, « guidé par des valeurs de cœur », dixit le nouveau venu Kehli, a su patiemment attendre son heure durant ce seizième de finales.
La nature joueuse des partenaires de Jérôme Lemoigne n’a pas troublé les Mosellans dans leurs certitudes. Ni la tête d’Allart, consécutive à une des rares fautes de main de M’Fa (28 e), ni même celle de Guerriero, échouée accidentellement sur la transversale de son gardien (6 e), n’ont fissuré un édifice solide. Au contraire, conformément au précepte véhiculé par leur entraîneur – « chercher de la profondeur » – ce sont les visiteurs qui se sont procuré l’ivresse d’une ouverture du score réconfortante. Cette dernière est intervenue suite à un centre anodin de Diagne. La malice et l’explosivité de N’Gbakoto se régalaient de la passivité de l’arrière-garde ardennaise. D’un plat du pied décroisé, le service du Sénégalais se convertissait en une passe décisive (43 e).
Ligne de front repoussée
Le coup de tonnerre consécutif à cette frappe de mule d’Oliveira à la reprise symbolisera, au final, toute la frustration ardennaise (49 e). La transversale, ultime rempart à ce rêve prenant corps dans le camp messin, faisait alors office de providence. La promesse d’un pilonnage en règle du but défendu par le suppléant de Joris Delle était écrite. Ce siège a bien eu lieu. Mais il n’a pas endigué le flot de bonnes intentions des Mosellans. L’acharnement de Mathieu Duhamel et son souci du harcèlement ont délivré quelques bouffées d’oxygène salvatrices au cœur du second acte. Le travail de sape de Diagne, les velléités offensives de Cheick Gueye, matérialisées par ce face-à-face perdu face à Costil (56 e), ont inexorablement repoussé la ligne de front ardennaise. Enfin, l’assurance déconcertante d’Anthony M’Fa a préservé ce fragile avantage messin. Surtout après les entrées en jeu tardives de Nicolas Fauvergue et Lossemy Karaboué, dynamiteurs en chef d’un épilogue suintant le souffre.
Metz poursuit donc encore cette muse épuisante qu’est la Coupe de France. Bien sûr, cette aventure ne supplantera pas l’intérêt majeur que constitue le championnat. Mais l’exaltation née de cette compétition « ne pourra que susciter de l’excitation à l’intérieur d’un groupe plein de vie », note Dominique Bijotat. Peut-être le signe de jours heureux…
Jean-Michel CAVALLI.
Publié le 24/01/2011