Re: R.L. 10/12 : Frédéric Antonetti réclame « un état d’esprit de guerrier »
Publié : 11 déc. 2021, 09:55
L'identification eu club est un mécanisme très construit. Nous sommes nés ici, nous y avons vécu ou un joueur emblématique nous a fait rêver au stade lorsque nous étions mômes. Cela est conditionné. Il faut donc prendre du recul là-dessus.Jeanmich57 a écrit :Merci pour ta réponse.Petrarque a écrit :
Dans le cas du football (au contraire du film de cinéma ou du spectacle), les spectateurs assistent à une performance également, mais il y a forcément un sujet d’identification (à une ville, à une histoire, à un maillot).
Et c’est cela qui rend le spectacle « football » unique!!
Et donc des réactions bien spécifiques mais bien compréhensibles.
Qui se manifestent différemment à droite qu’à gauche et même dans le temps.
Mais les supporters ne sont vraiment pas à critiquer!!
J’ai entendu beaucoup plus de sifflets à Saint Symphorien quand des matchs étaient ratés alors que l’équipe était établie en Ligue 1 (en gros avant 2000) que cette année où nous sommes dans le dur.
Ce qui m'étonne de lire dans plusieurs commentaires, c'est que le supporter en veut pour son argent. "Je dépense 40 € pour aller au match. J'attends une prestation digne de ce montant." C'est un argumentaire de consommateur, pas de supporter. Identification ou pas. Je paie, j'ai des droits.
A titre personnel, je supporte le FC Metz. J'habite Brest et quand je suis allé cette année voir Brest Metz, j'avais honte de mon équipe à laquelle je ne m'identifiais pas du tout. Dès le 2ème but inscrit, les joueurs ont tout fait pour couper le rythme. Il se roulait sans cesse par terre. J'étais avec des Brestois. Ils étaient écœurés par l'attitude des joueurs Messins et je les comprenais.
Je pense réellement qu'il y a une mauvaise mentalité au sein du groupe. Et les siffler ou ne pas les siffler ne changera pas grand chose aux résultats.
Là où ça coince, c'est que nous avons pu voir durant des décennies du football de qualité sans déchirer la poche du portemonnaie et qu'aujourd'hui, et ce depuis une à deux décennies, du football médiocre en échange de places à un prix complètement déconnecté de la qualité du spectacle.
Le stade fait uniquement le plein lorsqu'une grosse équipe se déplace. Parce qu'elle possède une aura bien plus forte que le FC METZ mais aussi des joueurs d'une qualité bien supérieure. Que les places soient encore un peu plus chères à ce moment-là, pourquoi pas.
En revanche, le reste du temps, l'on demande aux Messins de lâcher le prix de deux voire trois cinémas pour un match de 90 minutes avec des acteurs de télénovelas, une réalisation peu soignée, un chauffeur de salle bénévole et des sièges en plastique noircis par la saleté. Vous me direz "il faut bien payer les acteurs !". Oui. Mais l'on peut également décider de ne pas participer à la mascarade, décider de ne plus se faire enfler, de ne plus accepter le rapport qualité/prix qui frôle l'indécence.
Nous savons notre attachement au FC METZ fruit d'une construction sociale, nous n'y pouvons pas grand-chose. Mais nous pouvons nous en détacher petit à petit et nous délaisser de cela. C'est ce que font les supporters messins en laissant un stade à moitié vide.Trop de déceptions ? Ticket trop cher ? Schisme au sein de la famille grenat entre supporters construits et acteurs aucunement attachés à la représentation que les acteurs cités auparavant se font de "leur" club ?
Nous sommes face à des enfants gâtés qui se fichent froidement que des types se saignent pour venir les voir jouer et encourager. Les supporters ne viennent pas pour un joueur mais pour la représentation du FC METZ et, là-dedans, ne s'y retrouvent plus. Pour les raisons évoquées plus haut. Alors, l'on va nous souffler à l'oreille le sempiternel "feu sacré". Feu de paille, oui.
Le constat est simple : si les Messins ne garnissent qu'à moitié les tribunes et préfèrent surpayer des produits made in China vendu dans un chalet du centre-ville, c'est assurément parce qu'à Saint Symphorien le rapport qualité-prix ainsi que celui à l'appartenance sont aujourd'hui, et depuis trop longtemps, totalement déséquilibrés.
Qu'ils foutent les places à cinq balles, cela règlera pas mal de soucis. A défaut, l'identification au FC METZ crèvera, aussi construite qu'elle est.