R.L.23/02: Serin : «Le National ? Ce serait une catastrophe»
Publié : 23 févr. 2011, 08:11
Serin : « Le National ? Ce serait une catastrophe »

Le ciel est chargé de soucis pour Bernard Serin, le président d’un FC Metz relégable à quatorze journées de la fin du championnat. Photo Pascal BROCARD
Bernard Serin, président d’un FC Metz aux portes de la relégation, invite ses troupes à mesurer l’importance des deux prochains rendez-vous de championnat. « Nous sommes face à un vrai tournant. »
L’impératif de résultat : un point commun qui efface les 600 kilomètres séparant Metz et Châteauroux, prochain adversaire des Grenats en Ligue 2.
INTERVIEW
Vendredi, ces deux équipes en mal de points s’affronteront à Saint-Symphorien. Vu du ciel lorrain, le rendez-vous, associé au suivant, programmé à Reims, s’apparente à un virage à ne pas manquer. Le président du FC Metz en convient : à quatorze marches de la fin de sa troisième année de mandat, Bernard Serin pose son regard, et ses mots, sur un horizon où les questions et les zones d’ombre n’ont jamais été aussi nombreuses.
• Comment qualifiez-vous les deux prochains rendez-vous de votre équipe ? « Ils sont tous les deux très, très importants. Châteauroux et Reims font partie des huit équipes encore concernées par la question du maintien. Nous sommes face à un vrai tournant. »
• Partagez-vous l’idée exprimée par l’entraîneur, Dominique Bijotat, et quelques-uns de ses joueurs, que le match nul ramené de Nantes, la semaine passée, était une bonne chose? « C’était à l’extérieur, donc oui, c’est positif. Mais cela ne doit pas nous faire oublier qu’en dépit de l’amélioration sensible des résultats depuis janvier, nous sommes dans un faux rythme. La saison n’a pas débuté avec la nouvelle année, mais en août, et de la façon que l’on sait... »
• Imaginons le pire, soit deux défaites lors des deux prochains matches. Maintiendrez-vous votre confiance à Dominique Bijotat ? « Ces deux matches seront importants, mais pas décisifs. Il faut lui laisser du temps. Mais les joueurs doivent prendre conscience de l’urgence et être plus décisifs. On sait qu’il nous faut encore cinq ou six victoires d’ici à la fin du championnat pour nous sauver. Le mieux est d’être capable de les décrocher à domicile, où notre bilan est encore trop insuffisant. »
« Notre environnement n’est pas patient »
• Êtes-vous marqué par le déroulement des événements depuis votre arrivée à la présidence ? « On ne peut pas être insensible à l’échec. Cette année est difficile, mais ma déception la plus forte concerne les deux occasions manquées de retrouver la Ligue 1, lors des deux dernières saisons. Aujourd’hui, je suis dans un état d’esprit de reconstruction, même si je sais que notre environnement n’est pas patient... »
• Cette impatience est facile à comprendre, non? « Oui, après quarante ans de Première division, il y a un désintérêt logique à voir son équipe en Ligue 2. Mais je ne suis pas venu pour voir le FC Metz y rester. Et pour cela, il a deux choses importantes à mes yeux : nous maintenir et conserver nos jeunes. »
• Mais pour l’instant, il y a surtout une chose à éviter, le National... « Oui, forcément, parce que cela nous éloignerait un peu plus encore de la Ligue 1 et parce que sur le plan financier, ce serait une catastrophe pour un club structuré comme le nôtre... C’est une éventualité effrayante. »
• Au registre financier, on évoque une perte prévisible d’environ 200 000 euros en raison de la baisse de la fréquentation à Saint-Symphorien. Vrai ou faux? « Vrai, mais elle sera compensée par les recettes liées au marketing. »
• Difficultés sportives, situation financière tendue... Regrettez-vous, parfois, d’avoir pris les commandes du club ? « Non, je n’ai jamais regretté. Je me consacre à remettre sur pied une institution que je porte dans mon cœur depuis mon enfance. Elle était en danger, elle est toujours en difficulté, mais je donne le meilleur de moi pour redresser la barre. »
• Et si demain, un investisseur se présente dans votre bureau et dépose sur la table de quoi racheter le club? « Si j’ai la garantie que cela peut sauver le club, évidemment je m’effacerai. Mais aujourd’hui, je ne pense pas à ça. »
Cédric BROUT.
Publié le 23/02/2011
« La seule solution raisonnable »
L’incertitude sportive du présent n’empêche pas le président messin de regarder au-delà de la ligne de fin de saison. Inconciliable pour certains avec l’idée plausible de voir le FC Metz rétrogradé en National, le projet de rénovation du stade Saint-Symphorien reste ancré dans l’esprit de Bernard Serin. La semaine dernière, le club à la Croix de Lorraine a d’ailleurs fait état d’avancées notoires. Celles-ci se traduisent notamment par la signature d’une convention avec la Société d’Équipement du Bassin Lorrain (SEBL), celle-ci héritant de la maîtrise d’ouvrage de la future enceinte ( RL du 15 février). La livraison est attendue pour le début de la saison 2014-2015.
Au cours de l’entretien téléphonique réalisé hier, Bernard Serin a justifié l’idée de la rénovation et le rejet d’une autre solution qui aurait consisté à la construction pure et simple d’un autre stade.
« Un endroit mythique »
« Rénover, c’était la seule solution raisonnable. Pour une raison de place, et pour une raison financière. Il faut se rendre à l’évidence, il était beaucoup plus facile et moins coûteux de travailler sur un projet de rénovation que sur une construction nouvelle. Et puis, comme beaucoup de monde, je considère que Saint-Symphorien est un endroit mythique. » Mythique, pas de doute là-dessus, mais pour combien de temps encore ?
C. B.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : une séance d’entraînement. Aujourd’hui : une séance (9h30). Demain : une séance (15 h).
D’un match à l’autre. Dernier match : Nantes - Metz (24 e journée de Ligue 2), vendredi 18 février : 0-0. Prochain match : Metz - Châteauroux (25 e journée), vendredi 25 février à 20 h. A suivre : Reims - Metz (26 e journée), vendredi 4 mars à 20 h ; Metz - Tours (27 e journée), vendredi 11 mars à 20 h.
A l’infirmerie. Ménagés lundi, Cheikh Gueye (cheville) et Tenema N’Diaye (adducteurs) ont repris l’entraînement hier matin. Fallou Diagne (adducteurs), lui, a poursuivi son séjour en salle de soins. Le défenseur n’est pas certain de pouvoir tenir sa place contre Châteauroux. Rudy Gestede et Yéni N’Gbakoto avaient retrouvé leurs coéquipiers en début de semaine, mais l’un et l’autre ont ressenti quelques douleurs qui confirment qu’ils ne seront pas opérationnels pour l’échéance de vendredi. Thibaut Bourgeois, lui, est en mesure de postuler : opéré courant janvier d’une fissure du cinquième métatarse du pied gauche, l’attaquant messin a pu travailler normalement au cours des deux derniers jours.
Suspendu. David Fleurival suivra la réception de Châteauroux des tribunes. Le milieu de terrain – qui n’avait manqué aucun match de championnat jusqu’ici – a en effet été sanctionné d’un match ferme de suspension par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP).
Le ciel est chargé de soucis pour Bernard Serin, le président d’un FC Metz relégable à quatorze journées de la fin du championnat. Photo Pascal BROCARD
Bernard Serin, président d’un FC Metz aux portes de la relégation, invite ses troupes à mesurer l’importance des deux prochains rendez-vous de championnat. « Nous sommes face à un vrai tournant. »
L’impératif de résultat : un point commun qui efface les 600 kilomètres séparant Metz et Châteauroux, prochain adversaire des Grenats en Ligue 2.
INTERVIEW
Vendredi, ces deux équipes en mal de points s’affronteront à Saint-Symphorien. Vu du ciel lorrain, le rendez-vous, associé au suivant, programmé à Reims, s’apparente à un virage à ne pas manquer. Le président du FC Metz en convient : à quatorze marches de la fin de sa troisième année de mandat, Bernard Serin pose son regard, et ses mots, sur un horizon où les questions et les zones d’ombre n’ont jamais été aussi nombreuses.
• Comment qualifiez-vous les deux prochains rendez-vous de votre équipe ? « Ils sont tous les deux très, très importants. Châteauroux et Reims font partie des huit équipes encore concernées par la question du maintien. Nous sommes face à un vrai tournant. »
• Partagez-vous l’idée exprimée par l’entraîneur, Dominique Bijotat, et quelques-uns de ses joueurs, que le match nul ramené de Nantes, la semaine passée, était une bonne chose? « C’était à l’extérieur, donc oui, c’est positif. Mais cela ne doit pas nous faire oublier qu’en dépit de l’amélioration sensible des résultats depuis janvier, nous sommes dans un faux rythme. La saison n’a pas débuté avec la nouvelle année, mais en août, et de la façon que l’on sait... »
• Imaginons le pire, soit deux défaites lors des deux prochains matches. Maintiendrez-vous votre confiance à Dominique Bijotat ? « Ces deux matches seront importants, mais pas décisifs. Il faut lui laisser du temps. Mais les joueurs doivent prendre conscience de l’urgence et être plus décisifs. On sait qu’il nous faut encore cinq ou six victoires d’ici à la fin du championnat pour nous sauver. Le mieux est d’être capable de les décrocher à domicile, où notre bilan est encore trop insuffisant. »
« Notre environnement n’est pas patient »
• Êtes-vous marqué par le déroulement des événements depuis votre arrivée à la présidence ? « On ne peut pas être insensible à l’échec. Cette année est difficile, mais ma déception la plus forte concerne les deux occasions manquées de retrouver la Ligue 1, lors des deux dernières saisons. Aujourd’hui, je suis dans un état d’esprit de reconstruction, même si je sais que notre environnement n’est pas patient... »
• Cette impatience est facile à comprendre, non? « Oui, après quarante ans de Première division, il y a un désintérêt logique à voir son équipe en Ligue 2. Mais je ne suis pas venu pour voir le FC Metz y rester. Et pour cela, il a deux choses importantes à mes yeux : nous maintenir et conserver nos jeunes. »
• Mais pour l’instant, il y a surtout une chose à éviter, le National... « Oui, forcément, parce que cela nous éloignerait un peu plus encore de la Ligue 1 et parce que sur le plan financier, ce serait une catastrophe pour un club structuré comme le nôtre... C’est une éventualité effrayante. »
• Au registre financier, on évoque une perte prévisible d’environ 200 000 euros en raison de la baisse de la fréquentation à Saint-Symphorien. Vrai ou faux? « Vrai, mais elle sera compensée par les recettes liées au marketing. »
• Difficultés sportives, situation financière tendue... Regrettez-vous, parfois, d’avoir pris les commandes du club ? « Non, je n’ai jamais regretté. Je me consacre à remettre sur pied une institution que je porte dans mon cœur depuis mon enfance. Elle était en danger, elle est toujours en difficulté, mais je donne le meilleur de moi pour redresser la barre. »
• Et si demain, un investisseur se présente dans votre bureau et dépose sur la table de quoi racheter le club? « Si j’ai la garantie que cela peut sauver le club, évidemment je m’effacerai. Mais aujourd’hui, je ne pense pas à ça. »
Cédric BROUT.
Publié le 23/02/2011
« La seule solution raisonnable »
L’incertitude sportive du présent n’empêche pas le président messin de regarder au-delà de la ligne de fin de saison. Inconciliable pour certains avec l’idée plausible de voir le FC Metz rétrogradé en National, le projet de rénovation du stade Saint-Symphorien reste ancré dans l’esprit de Bernard Serin. La semaine dernière, le club à la Croix de Lorraine a d’ailleurs fait état d’avancées notoires. Celles-ci se traduisent notamment par la signature d’une convention avec la Société d’Équipement du Bassin Lorrain (SEBL), celle-ci héritant de la maîtrise d’ouvrage de la future enceinte ( RL du 15 février). La livraison est attendue pour le début de la saison 2014-2015.
Au cours de l’entretien téléphonique réalisé hier, Bernard Serin a justifié l’idée de la rénovation et le rejet d’une autre solution qui aurait consisté à la construction pure et simple d’un autre stade.
« Un endroit mythique »
« Rénover, c’était la seule solution raisonnable. Pour une raison de place, et pour une raison financière. Il faut se rendre à l’évidence, il était beaucoup plus facile et moins coûteux de travailler sur un projet de rénovation que sur une construction nouvelle. Et puis, comme beaucoup de monde, je considère que Saint-Symphorien est un endroit mythique. » Mythique, pas de doute là-dessus, mais pour combien de temps encore ?
C. B.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : une séance d’entraînement. Aujourd’hui : une séance (9h30). Demain : une séance (15 h).
D’un match à l’autre. Dernier match : Nantes - Metz (24 e journée de Ligue 2), vendredi 18 février : 0-0. Prochain match : Metz - Châteauroux (25 e journée), vendredi 25 février à 20 h. A suivre : Reims - Metz (26 e journée), vendredi 4 mars à 20 h ; Metz - Tours (27 e journée), vendredi 11 mars à 20 h.
A l’infirmerie. Ménagés lundi, Cheikh Gueye (cheville) et Tenema N’Diaye (adducteurs) ont repris l’entraînement hier matin. Fallou Diagne (adducteurs), lui, a poursuivi son séjour en salle de soins. Le défenseur n’est pas certain de pouvoir tenir sa place contre Châteauroux. Rudy Gestede et Yéni N’Gbakoto avaient retrouvé leurs coéquipiers en début de semaine, mais l’un et l’autre ont ressenti quelques douleurs qui confirment qu’ils ne seront pas opérationnels pour l’échéance de vendredi. Thibaut Bourgeois, lui, est en mesure de postuler : opéré courant janvier d’une fissure du cinquième métatarse du pied gauche, l’attaquant messin a pu travailler normalement au cours des deux derniers jours.
Suspendu. David Fleurival suivra la réception de Châteauroux des tribunes. Le milieu de terrain – qui n’avait manqué aucun match de championnat jusqu’ici – a en effet été sanctionné d’un match ferme de suspension par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP).